Exercice physique ! Oui, mais où ?

Une étude parue cet été dans la revue médicale britannique The Lancet affirme qu’un décès sur dix dans le monde serait imputable à l’inactivité physique : cela confirme donc que la sédentarité est tout autant dangereuse que le tabac ou l’obésité. L’OMS recommande d’ailleurs depuis longtemps d’avoir au moins 20 minutes d’activité physique modérée chaque jour.  


Mais quel type d’activité physique doit-on recommander et où s’y adonner ? Le  problème majeur est lié au fait que l’activité physique pratiquée dans certaines conditions augmente la pollution entrant de notre organisme : c’est un peu comme le conseil de manger cinq  portions de fruits et légumes… mais quid s’ils sont bourrés de pesticides ?

 
Bien sûr, on peut faire de la marche en ville, du jogging même, et du vélo… sauf  que toute activité physique intense augmente également l’absorption d’air et des gaz qu’il contient : en ville, lors des pics de pollution, un exercice physique multiplie par dix l’assimilation des gaz polluants toxiques tels que le dioxyde de soufre, l’ozone, ou des microparticules. Un cycliste qui pédale derrière le pot d’échappement d’un diesel mal réglé a certainement plus de risque de déclencher une pathologie ORL, pulmonaire, voire un infarctus, que celui qui fait du vélo d’appartement. Que dire de nos campagnes : mieux vaut randonner loin des épandages de pesticides ou autres phytosanitaires destructeurs des espèces vivantes.
 
Il ne reste plus que la natation, à condition que les désinfectants chlorés des piscines municipales soient sans risques. Or, si l’on en croit une étude récemment publiée en Espagne, on retrouve dans les urines des baigneurs sept fois plus de ces dérivés (chlore, dioxyde de chlore et chloramines) dont on sait aujourd’hui que ce sont de puissants cancérogènes. Si l’air de la piscine que vous fréquentez dégage une forte odeur de chlore… mieux vaut ne pas y aller !
 
Alors faut-il rester chez soi ? Oui, si votre appartement est bien aéré et que vous n’avez pas de meubles dégageant des formaldéhydes.
 
Mais si l’on veut sortir de chez soi, où aller ? Je n’ose vous conseiller le bord de mer car certains me diraient : « Et les algues toxiques ! » À  tout bien réfléchir, il ne vous reste que la forêt. Nous avons la chance de disposer de parcs naturels et de forêts protégées. On peut alors y faire de la marche en bougeant les bras et pratiquer quelques exercices de respiration bénéfiques. Toutes les fonctions vitales de notre organisme y sont régénérées. L’arbre n’est-il pas, avec l’animal de compagnie, le meilleur ami de l’homme ?
 
En dernière analyse, ce n’est qu’en faisant appel à la nature, en ramenant nos amis les végétaux dans les villes, par des murs de verdure, des toits végétalisés, des espaces verts et des jardins ; c’est en augmentant les parcs naturels, en protégeant nos forêts et surtout, surtout, en évitant les polluants que nous pourrons dire vraiment : l’exercice physique, c’est bon pour la santé !