Précieuses maladies !

 

Vous avez certainement vu comme moi cette publicité télévisée pour une marque de médicaments génériques. « Votre santé nous est précieuse », affirme-t-elle. Précieuse, vraiment ? On imagine facilement Diafoirus en train de s’affairer auprès d’Argan, le « malade imaginaire ».
 
La santé est effectivement le bien le plus précieux pour chaque individu et ce qui compte avant tout c’est de la préserver. Or que font les médicaments ? Ils vous soignent mais sans jamais vous guérir ; ce qui vous guérit, c’est votre propre organisme qui se rétablit de la maladie ; ce sont les résolutions morales et physiques qui nous invitent à respecter les règles d’hygiène de base. Ce qui nous soigne, c’est une alimentation saine, c’est un repos serein et un sommeil paisible, c’est de savoir lâcher prise face aux soucis, c’est l’exercice physique, la détente… et les vacances pour changer d’air et aller au soleil ! 
 
Si les médicaments nous guérissaient aussi bien que notre corps se guérit lui-même, ils ne rapporteraient pas autant d’argent. Le but de l’industrie du médicament c’est de vendre le plus possible et pour cela il vaut mieux soigner quelqu’un à vie en ne traitant que les symptômes plutôt que de le guérir !
 
Il est indispensable de repenser ce système de santé qui est avant tout une machine à vendre des médicaments (de 1988 à 2013, la consommation pharmaceutique est passée de 13 à 35  milliards d’euros), de revoir les remboursements de produits inutiles, voire dangereux, et de privilégier enfin ce qui permet de faire disparaître la cause de la maladie. 
 
Ce n’est pas une utopie. Les plantes ont des vertus curatives parce qu’elles soignent la cause et pas simplement les effets. On sait aujourd’hui y trouver des molécules naturelles proches de celles de l’organisme. Il  est donc tout à fait compréhensible qu’elles puissent soigner bien mieux que des drogues pétrochimiques. Mais parce que la phytothérapie ne rapporte pas assez, rien n’est fait pour la rétablir à sa juste place. Le comble, c’est qu’on va restreindre encore une fois la liste des plantes autorisées ! Qui est derrière cela ? Qui fait tout pour détruire le savoir ancestral ? Précisément ceux qui affirment haut et fort : « Votre santé nous est précieuse » ! Car préserver les profits qu’ils font sur la maladie leur importe plus que de vous faire du bien !
 
C’est à croire que les personnes élues pour représenter les citoyens que nous sommes ignorent qu’ils seront aussi un jour concernés par la maladie. À moins que, pour eux aussi, la santé financière soit plus précieuse que celle de leur corps. Récemment, un quotidien destiné aux médecins* rapportait que, dans les années 1990, l’octroi des autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments faisait l’objet de tractations « Tu me donnes une AMM et je te finance ta campagne électorale », puis que de 1988 à 1991 « le prix des médicaments était la chasse gardée » d’un pote d’Évin. Depuis, malheureusement, rien ne nous indique que les choses aient changé.
 
* Le Quotidien du médecin, n° 9234 du 15  avril 2013.