Colorations : un vrai poison

Quelle que soit l’option choisie (coloration, coloration permanente, ton sur ton, teinture, mèches, balayage…), la couleur est une opération extrêmement traumatisante pour le cheveu.


 

Car enfin, pour transformer des cheveux bruns en rose bonbon ou en bleu électrique ou tout simplement en blond cendré, il faut indubitablement une bonne dose de produits chimiques ! Trop peu de femmes et d’hommes (4 %), acceptent d’entendre cette vérité-là. Le danger n’est pas moins grand lorsqu’il s’agit juste de couvrir quelques cheveux blancs. Les « classiques », les colorations d’oxydation des grandes marques (L’Oréal, Garnier, Redken, Schwarzkopf…), sont toutes constituées de substances chimiques dont plusieurs études ont récemment dévoilé les effets nocifs pour la santé.

Des couleurs explosives

La coloration chimique agit par une réaction qui se déroule à l’intérieur même de la fibre capillaire, où elle modifie chimiquement la pigmentation des cheveux. La fibre capillaire se trouve ainsi déstructurée, la résistance du cheveu diminue (jusqu’à 50 %), celui-ci perd son élasticité et sa brillance. Le phénomène est connu depuis longtemps et différentes études, commencées il y a une trentaine d’années et dans différents pays, ont abouti à l’interdiction des ingrédients formellement reconnus comme dangereux. Ce coup de semonce n’a cependant pas amené les grandes marques à plus de sagesse, mais plutôt à orienter leurs arguments marketing différemment. Les colorations sont maintenant censées être sans ammoniaque, naturelles, aux extraits végétaux, à la cire d’abeille et aux protéines de blé… mais il peut y avoir autant d’extraits naturels que l’on veut, où est la différence lorsque ceux-ci cohabitent avec des ingrédients nocifs ?

Les teintures d’oxydation « douces » n’existent pas

Pouvoir changer de couleur de cheveu sans risque est pure illusion. Une coloration d’oxydation ne peut pas être douce et dans le dernier dossier consacré au sujet par le magazine 60 millions de consommateurs, l’examen approfondi de 14 teintures capillaires, « fait apparaître des éléments particulièrement préoccupants dans certains cocktails capillaires ». Toutes les teintures chimiques que l’on trouve aujourd’hui sur le marché contiennent au moins un ingrédient soit irritant, soit sensibilisant, soit mutagène ou cancérogène ! Mais pourquoi utiliser de tels ingrédients s’ils sont dangereux ? « Parce qu’ils sont autorisés par la réglementation », répond le responsable du développement d’un grand nom de la coloration… Sans commentaire.

Et les colorations vendues en boutiques bio ?

Face aux colorations chimiques, il y a les végétales. La plus connue, le henné, dont la couleur gaine le cheveu. Si la durée de la coloration est longue, d’une heure pour les tons clairs, douze heures pour les tons foncés, la couverture des cheveux gris est satisfaisante : 80 % du résultat d’une teinture chimique. Mais attention, tous les hennés ne se ressemblent pas. Certains contiennent des colorants de synthèse ou encore des sels de métaux qui aident à améliorer la fixation de la couleur. Et si l’on utilise, sur ce mélange, un peroxyde (pour ouvrir les écailles), la réaction chimique provoquée peut brûler les cheveux. « Le henné noir et le henné à temps de pose réduit n’existent pas, explique Jean-Marc Réty, ce sont des hennés trafiqués. »

Mis à part le henné simple, rares sont les colorations végétales qui ne contiennent que des produits naturels. La seule exception actuellement disponible dans la quasi-totalité des magasins est la marque Logona qui utilise du henné bio d’Égypte, de la betterave ou de la camomille, des feuilles d’indigo, de la racine de rhubarbe et des extraits d’algues pour homogénéiser le mélange.

On peut aussi se procurer sur Internet une gamme totalement végétale créée par Terre de Couleur avec cinq couleurs et un temps de pause réduit à une heure… Cette même marque propose toute une gamme de masques capillaires à base d'argiles, de sels de schussler et d'huiles essentielles afin de détoxiner les cheveux et le cuir chevelus lorsque vous avez pratqiué pendant plusieurs années une coloration chimique. Ce traitement est essentiel, à la fois pour votre santé, mais aussi pour faciliter la fixation de la couleur végétale sur des cheveux redevenus sains..

Et les autres colorations ? Leur contenu est le même à quelques ingrédients près. Beliflor ne cache pas que ses colorations pour cheveux contiennent 0,5 % de résorcine et de paraphénylène-diamine. Mais les pigments sont naturels et obtenus par distillat de plantes. Chaque coloration est enrichie à l’aloe vera, au beurre de karité, à l’huile de jojoba. Color & Soin du laboratoire Les 3 Chênes (teinture aux extraits végétaux), est à fuir, il contient trop d’ingrédients dangereux.

Si la pose d’une coloration chimique se fait à une vitesse éclair, celle d’une coloration végétale se fait entre quinze minutes et une journée ou une nuit, tout dépend du résultat souhaité et de l’état des cheveux. Autre contrainte, imparable en coloration végétale, votre cheveu doit être en bonne santé. » Vous avez eu de nombreuses colorations chimiques ? Soyez patiente, attendez qu’il n’y en ait plus de trace, faites couper vos cheveux et profitez-en pour les détoxiner pendant trois à neuf semaines au moins (masque aux huiles essentielles, shampooing, eau de soin). Vous aurez alors un cheveu en pleine forme et vous éviterez de vous retrouver avec des cheveux blancs colorés en violet, bleu, vert, rouge, jaune… la coloration végétale enchaînée sur une coloration d’oxydation ou sur un henné trafiqué pouvant réserver bien des surprises !

Si vous vous demandez pourquoi on trouve dans des magasins naturels, non loin de produits biologiques, des colorations végétales qui ne sont que des petites sœurs des colorations d’oxydation, vous aurez posé la bonne question ! Certains magasins, comme Biocoop (on y trouve encore Beliflor), Le Serpent vert et d’autres, ceux qui ont une vraie éthique du naturel, du bio, les ont supprimées de leurs rayons et c’est tant mieux. Restent les autres. À vous, consommatrices, consommateurs, de prendre le relais ! ?

Étiquettes, danger !

  • Résorcinol : utilisé dans les trois quarts des colorations chimiques, il est allergène. Il peut pénétrer dans la peau, endommager les reins et le foie. Les tests cliniques ont démontré qu’il modifie les globules sanguins et les chromosomes.
  • Ammonium Lauryl Sulfate : tensioactif.
  • p-phénylènediamine (PPD) : très allergisant, suspecté de cancérogénicité.
  • le p-aminophénol : mutagène de classe 3 (possibilité d’effets irréversibles).
  • le o-aminophénol : mutagène de classe 3 (possibilité d’effets irréversibles).
  • la m-phénylène diamine : mutagène de classe 3 (possibilité d’effets irréversibles). Elle endommage l’embryon chez le rat et a un effet mutagène sur les bactéries.
  • Butoxyéthanol (un éther de glycol) : effet génotoxique avéré, activité cancérigène.
  • PEG (polyéthylène glycol) : employés comme émulsifiants, solvants ou pour donner une brillance nacrée.

Sont obtenus à partir de gaz toxiques.

  • Toluène-2,5-diamine : très allergisant.
  • Toluène-2,5-diamine sulfate : très allergisant.

 

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