Pilule, le scandale est à venir

  Efficacité modérée dans le traitement de l’acné… Rapport bénéfice-risque défavorable du fait d’un danger thrombo-embolique veineux quatre fois supérieur. Absence de démonstration du niveau d’efficacité contraceptive. » Dans la lettre qu’elle vient d’adresser aux médecins afin de justifier de la suspension de la pilule Diane 35 à compter du 21  mai prochain, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’a pas fait dans la dentelle… Diane 35, tombée subitement en disgrâce, sort de scène… Mais qu’en est-il des autres pilules, qu’elles soient de 2e  ou 3e  génération ? Devons-nous comprendre qu’elles ne posent pas de problème ?


Plutôt que de répondre à des questions gênantes, on préfère déplacer le cadre du débat et réaffirmer un peu partout que la pilule reste le moyen de contraception le plus moderne. Qu’il s’agit d’une conquête du féminisme permettant à la femme de s’émanciper. Un argument de poids dans l’égalité homme-femme. Bref il est frappant de constater que la pilule incarne dorénavant et avant tout une avancée de notre société et pas du tout un moyen médical permettant de choisir le moment où l’on souhaite avoir un enfant… Peu importe semble-t-il quelle contienne des œstro-progestatifs qui ont sur l’organisme de nombreux effets et pas seulement celui de supprimer la fécondité.
 
La pilule, un médicament susceptible d’avoir des effets secondaires ? Vous n’y pensez pas ! Sans vouloir remettre en cause cette évolution des mœurs, on ne peut qu’être surpris en tant que médecin par la façon dont toutes ces questions sont occultées ou largement minimisées.
 
Après bientôt 50  ans de prescription de la pilule, les jeunes femmes qui se tournent vers ce moyen de contraception ne bénéficient d’aucune information médicale. Or, sur les implications de ce contraceptif, beaucoup d’informations ont été publiées et sont connues dans la sphère scientifique. Parlons-en ! Cessons de nous voiler la face : la pilule augmente les risques cardiovasculaires mais surtout elle favorise le cancer. L’incidence du cancer du sein augmente chaque année de 2,4 % depuis les années 1980 et croyez-vous que la pilule n’y soit pour rien ? Les liens entre cancer et hormones ont été mis en évidence depuis fort longtemps. Et c’est pour cette raison que la contraception orale fait partie aux USA des facteurs de risques officiels du cancer du sein quand en France on préfère évoquer la prise d’alcool et l’obésité.
 
Près de 400  millions de pilules sont prises chaque année en France. Et les façons de l’utiliser évoluent vite. Entre l’âge moyen du premier rapport, et souvent de la première prescription, et l’âge moyen du premier enfant, plus de dix ans de prise de pilule se sont déjà écoulés. Sachant que la durée de traitement augmente le risque, il faudrait enfin adopter une attitude plus responsable, informer et conseiller de façon complète les femmes qui la choisissent. Ce n’est malheureusement pas ce qui est fait.
 
Après celui de Diane 35, le vrai scandale de la pilule est encore à venir.
Pour découvrir ce qu'on nous cache à propos de la pilule depuis 50 ans, lisez l'article du Pr Joyeux dans alternativesante.fr