Les pratiques des labos sur la place publique

France 5 est décidément la chaîne qui met les pieds dans le plat. Après plusieurs reportages sur la pollution chimique, les pesticides et les vaccins, la chaîne diffusait il y a quelques semaines un documentaire intitulé « Les médicamenteurs » qui concluait – comme le fait régulièrement Pratiques de Santé – que notre système de santé est entièrement dévoué à l’industrie du médicament.


Des millions de Français ont ainsi découvert que les essais cliniques effectués par les laboratoires eux-mêmes n’ont qu’une valeur très relative et que les industriels du médicament ne communiquent que les résultats qui les arrangent. On apprenait aussi dans ce documentaire que l’AFSSAPS, chargée de valider les futures molécules, serait financée par ces mêmes laboratoires, avec des experts issus de l’industrie pharmaceutique. Que l’organisme chargé de fixer le prix des médicaments ne négocierait pas suffisamment les tarifs des nouvelles spécialités pharmaceutiques et que la Sécu se contenterait de valider et de rembourser sans sourciller. Et enfin que la formation médicale organisée par les laboratoires est seulement destinée à favoriser tel produit au détriment de tel autre. Comme le dit un médecin dans l’enquête : « On leur fait confiance et on prescrit le médicament. »
Tout cela était étayé par des exemples concrets, comme ce laboratoire qui, voyant sa molécule passer dans le domaine public, en invente une nouvelle, qui n’apporte rien de mieux que la précédente, non pas pour le bien commun, mais pour continuer à monopoliser le marché. Ou cet autre, dont le produit est censé empêcher l’agrégation des plaquettes mais n’aurait pas plus d’effet que l’aspirine. Un produit vendu bien plus cher… et remboursé.
Tout était choquant dans ce reportage. Ceux qui doutaient encore ont sans doute compris, grâce à lui, que notre système de couverture sociale créé il y a de cela une cinquantaine d’années pour permettre l’accès aux soins gratuits est en train de disparaître sous les coups de boutoir de l’industrie pharmaceutique. En définitive, celle-ci s’enrichit sur le dos de l’état et
des contribuables
tout en créant un déficit tel que les plus démunis ne pourront bientôt plus être soignés. Comme il est dit dans le reportage, si on conservait seulement les molécules les plus utiles et si on évitait les doublons, la liste des médicaments se limiterait à quelques-uns.
Aujourd’hui, le dictionnaire des spécialités pharmaceutiques pourrait en effet être largement allégé sans que la santé de nos concitoyens en pâtisse. Peut-être même s’améliorerait-elle ! Qu’attendons-nous pour entreprendre ce nettoyage salutaire ?