La règle d’or

Crise de l’énergie, crise de confiance, crise de la santé ! Nous allons certainement devoir nous serrer la ceinture car nous avons trop fait confiance aux marchands de bonheur : un bonheur basé sur le tout pétrochimique. Et nous avons été trop conditionnés par les slogans de la surconsommation de médicaments et de vaccins.  


Alors, aujourd’hui, on nous parle de la règle d’or. Cela m’a amusé car je viens de terminer la traduction d’un vieux livre à partir de l’allemand ancien, qui s’intitule justement « Themis Aurea », la Thémis dorée, ou règle d’or. Pendant un an, je me suis concentré sur cet ouvrage qui traite de la médecine de la Renaissance en Allemagne, sur les règles d’or que devaient adopter les médecins de cette époque.

 
Parmi ces règles figurent en bonne place la simplicité des soins, l’honnêteté du thérapeute et l’humilité de celui qui soigne. Ces règles, ou lois de l’Ordre, étaient établies pour les médecins et les apothicaires. Il y était déjà préconisé de restreindre les prescriptions à une ou deux simples (les plantes) au lieu d’établir une ordonnance d’une coudée et demie qui ne satisfaisait que l’épicier apothicaire (c’était à l’époque le même métier). Tout devait être fait  dans l’intérêt du patient.
 
Alors je me suis dit que ce livre était tout à fait adapté à notre système de santé en quête d’une règle d’or. Car il ne fait aucun doute que nous ne pouvons pas continuer à consommer des médicaments comme nous le faisons, qu’un certain nombre d’entre eux seront remplacés par des suppléments alimentaires naturels qui font autant d’effet. Sinon plus, car ils traitent les causes de la maladie au lieu de se contenter de contrer ses effets.
 
Établir une règle d’or en matière de santé, ce serait notamment accorder aux compléments et suppléments à base de plante un statut privilégié et une TVA de 2,5 %, équivalente à celle des médicaments. La question se pose de savoir en effet si nous pourrons continuer à rembourser cette pléthore de drogues chimiques pour la plupart inutiles. Si on ne conserve que les plus anciens, les plus efficaces, les médicaments les mieux acceptés par le public, ce serait déjà une bonne chose. Le problème ? Comme ils ne sont plus rentables, on les voit disparaître. Il faut donc, une fois pour toutes, que les nouveaux médicaments soient mis sur un pied d’égalité avec les plantes et nous verrons vers qui les gens se tourneront : l’antidépresseur susceptible de provoquer l’Alzheimer ou le millepertuis, ou le griffonia !
 
La règle d’or, ce sera de dérembourser ce qui est litigieux pour le rapport bénéfice/risque, d’interdire ce qui est dangereux, de ne pas autoriser des molécules nouvelles dont on ne connaît rien des effets secondaires. La règle d’or, ce sera aussi de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des suppléments alimentaires naturels. Ainsi, tout le savoir-faire de notre médecine ancienne sera revivifié et deviendra plus rentable pour notre pays que les molécules mal maîtrisées qui grèvent notre Sécurité sociale et creusent le déficit de l’État !