Thé : le label bio permet de faire le tri

Dans les principaux pays producteurs (Inde, Chine, Sri Lanka…), la culture du thé résulte aujourd’hui d’une agriculture intensive où pesticides et engrais ont permis de doubler les rendements en trente ans. Acheter du thé bio est désormais le seul moyen de vous assurer que vous ne vous empoisonnez pas. Quant au prix, c’est un mauvais critère de choix.

Plus de 15 000 tasses à la seconde ! Le thé est devenu la boisson la plus consommée au monde, après l’eau. De plus en plus accros au thé, les Français découvrent toujours plus de choix, de qualités et d’arômes dans les rayons, avec des prix qui se répartissent sur une échelle de 1 à 10 et ils ne savent plus où donner de la tête. Acheter bio, et si possible équitable, devient alors le moyen le plus rationnel de faire le tri.

Si les amateurs éclairés de thé peuvent en effet être quasi-certains que les feuilles de thé qu’ils achètent chèrement dans les meilleures boutiques sont obtenues par des procédés traditionnels, et sans produits chimiques, ceux qui achètent leur thé dans les supermarchés feraient bien de se méfier. La production mondiale de thé est telle que la récolte artisanale n’est plus envisageable. Dans les pays producteurs, les rendements sont en progression fulgurante et ce n’est pas la nature des sols qui a changé, ni le climat, mais plutôt les modes de production.

Il y a quelques années, le magazine "Que Choisir" s’était livré à l’analyse de soixante marques de thé vendues couramment dans le commerce. Seuls seize échantillons avaient été reconnus exempts de pesticides. Plus inquiétant encore, vingt-sept thés verts provenant pour la plupart de Chine et du Japon avaient été reconnus comme des « thés avec pesticides à fortes doses et plomb », « à éviter ». Une raison de plus pour acheter bio.

Sans engrais et sans pesticides, produire du thé bio nécessite de trouver des solutions avec des huiles essentielles, des champignons ou encore de la corne de vache… Les traitements sont efficaces mais difficiles à trouver, et donc chers, et les pertes de rendement vont de 30 à 50 % au cours des trois premières années de conversion. Ce qui explique que les thés bio courants sont souvent plus chers que leurs concurrents.

La qualité de la feuille est une bonne manière de juger la valeur d’un thé (plus que son arôme lorsqu’il est dans la boîte). Mais vous ne pourrez l’étudier facilement qu’après avoir fait votre infusion. Quelle que soit la taille des feuilles, il faut qu’elles soient complètes.

Sa composition est l’autre critère qui vous permettra de sélectionner votre thé. Il existe un nombre restreint de marques proposant du thé bio (en France, les Jardins de Gaïa est le leader sur le marché du thé bio avec une production certifiée équitable dans 70 % des cas). Chacun des thés qu’elles proposent provient généralement d’une origine unique. Vérifiez tout de même, car les mélanges de thés d’origines différentes permettent d’offrir un thé moins cher… mais moins bon.

Quant aux thés aromatisés, ils sont généralement vendus plus cher. L’arôme, même s’il est naturel, permet bien souvent de dissimuler la médiocre qualité de la feuille.

Enfin, il faut savoir que l’on ne peut s’attacher seulement au prix pour choisir son thé. Comme pour le vin, le prix est fonction du terroir, de la rareté et du savoir-faire des producteurs. Ainsi, payer 100 grammes de thé blanc moins de 2 euros est aussi insensé que de payer un champagne 10 euros. Mais rassurez-vous, lorsque vous aurez trouvé le thé qui vous convient, vous n’hésiterez pas à y mettre le prix.