Rien ne vaut le soleil

Longtemps vantée pour la santé des os, la vitamine D nous protège des maladies cardiovasculaires, du risque de diabète, de certains cancers, etc. Pas une semaine ne passe sans qu’une étude nous confirme son omnipotence.  


Pour le seul mois d’avril, des Américains ont montré que la vitamine D réduisait les risques de fibromes utérins tandis qu’une méta-analyse canadienne confirmait son rôle préventif de la dépression.
 
Personnellement, je trouve qu’il y a une autre question qui devrait être plus abordée. En effet, la vitamine D n’est pas tout à fait une vitamine comme les autres. On parle là d’une hormone, d’un stéroïde hormonal qui régule pratiquement tout le renouvellement de nos tissus, depuis l’os, le cartilage, les tissus de soutien, les vaisseaux sanguins, les artères, les nerfs, le cerveau… jusqu’à l’immunité. Alors rendez-vous compte : pour en limiter les carences, on nous dit qu’il suffirait de faire le plein une fois par an grâce à la vitamine D synthétique.
 
Or quand vous prenez certaines ampoules contenant 250 fois la dose quotidienne recommandée, vous saturez votre organisme avec une vitamine de synthèse qui bloque certainement la synthèse cutanée naturelle. Viendrait-il à l’idée des endocrinologues de prescrire des doses de 25 grammes de Lévothyrox ? C’est pourtant bien ce que l’on fait avec les ampoules surdosées de vitamine D. Il est vraisemblable que le fait de donner une telle dose crée une dépendance. De plus, rien ne nous dit que ce que l’on dose ensuite dans le sang, à savoir la vitamine ainsi ingérée, a l’effet souhaité. Par exemple, l’évolution de l’ostéoporose chez les personnes traitées par ce genre de supplément ne donne guère d’espoir.
 
En fait, rien ne prouve qu’un produit de synthèse soit aussi efficace que la vitamine D naturelle. Chez l’animal la surdose provoque des calcifications artérielles. À Uvédose, le dictionnaire médical signale comme effets indésirables des cas de malaise vagal et des risques d’apnée du nourrisson avec des doses de 1 500 UI par jour, sans que la cause en soit connue ! Ce produit contient en outre tantôt du toluène, qui est un dérivé pétrochimique du benzène, tantôt du propylène glycol !
 
Alors que faire ? Commencer par privilégier une vitamine D plus naturelle. On peut opter pour la D3. Aux dernières nouvelles une partie de ses molécules sont fabriquées en Chine à partir de suint de laine de mouton traité par des détergents… avec tous les risques d’allergie connus à la lanoline.
 
Pour ma part, je préconise la vitamine D fabriquée par des levures. Bien que nommée D2, elle n’est pas tout à faire végétale (elle devrait se nommer menacalciférol). Elle est aussi efficace que la D3 et peut parfaitement contribuer à compenser une carence, à condition d’en prendre suffisamment et d’une manière assez longue.
 
Mais tout cela ne remplace pas la vitamine D fabriquée par la peau sous l’effet du soleil. Nous arrivons justement en période estivale, alors ne boudons pas ce plaisir et exposons-nous au soleil quand il ne tape pas trop fort. C’est une question de santé publique quand on sait toutes les maladies que la vitamine D permet d’éviter.