Soleil et peau : les faire cohabiter en harmonie

Chaque jour, scientifiques et médecins nous alertent contre les méfaits d’une exposition prolongée au soleil. Faut-il alors se passer des nombreux bienfaits du soleil ? Ce serait dommage, nous en profitons si peu ! Se protéger est donc une sage décision. Et se protéger en faisant appel à la nature est une décision encore plus sage. Car la nature sait ce qu’est le soleil... depuis plus d’un milliard d’années, elle s’est frottée et adaptée au rayonnement solaire et a développé des trésors de solutions dont nous pouvons profiter aujourd’hui.

Lorsque nous nous exposons au soleil, nous pensons surtout à protéger notre peau des brûlures. Mais l’exposition prolongée au soleil, même si elle ne se traduit en surface que par un hâle séduisant a bien d’autres effets sur l’organisme. Elle accélère d’abord la transpiration et assèche toutes les cellules – et pas seulement celles de la peau – limitant ainsi les échanges cellulaires et accélérant le phénomène de vieillissement. L’action du soleil mobilise également notre système immunitaire, et bouleverse le fonctionnement habituel de la circulation sanguine. Il n’y a rien de dramatique dans tout cela, à condition d’en avoir conscience et de se prémunir sagement.

L’eau facteur de santé

En été, boire beaucoup semble une évidence, mais on oublie souvent que toutes les eaux ne se valent pas. Grâce aux travaux de nombreux chercheurs non conventionnels, on a découvert que la vie a besoin de molécules d’eau pour leur capacité à transporter des informations vibratoires. C’est le principe fondamental de l’homéopathie. Louis Claude Vincent, mais aussi Etienne Guillé ont précédé les travaux de bien des chercheurs qui continuent de mettre en évidence le rôle d’eaux faiblement minéralisées consommées en petites cures renouvelables : par exemple une semaine sur deux. Leur intérêt réside dans l’action sur des paramè-tres biologiques rarement pris en compte comme le rh2, ou la conductivité. C’est aussi avec ces eaux particulières qu’on a remarqué un effet anti-vieillissement sur le long terme. Ce sont enfin des eaux qui répondent le mieux aux échanges à travers les membranes cellulaires. À une échelle physiologique, elles adapteront au mieux notre organisme devant une nécessaire transpiration.

Des caroténoïdes…dans chaque assiette

Bien sûr, sur le menu du restaurant, vous ne verrez pas marqué « caroténoïdes en salade » ou « gratin de caroténoïdes » ! Pourtant, ce sont des molécules répandues partout dans le monde végétal car on les retrouve dans tous les tissus voués à la photosynthèse : les feuilles et les parties vertes des plantes. Les caroténoïdes se retrouvent aussi dans les fleurs (le souci), les graines (le rocou en est très riche) les fruits (le maïs, ou la tomate qui contient le lycopène), et enfin les racines (la célèbre carotte a donné le nom aux caroténoïdes).

Parmi tous les caroténoïdes, le béta-carotène (dégradé dans l’intestin en vitamine A) est unanimement reconnu pour son effet protecteur de la peau. Bien que les compléments alimentaires qui en contiennent des doses concentrées ne fassent pas l’unanimité de la communauté scientifique vis à vis des maladies dégénératives comme le cancer, ces merveilleuses molécules jouent chez nous le même rôle protecteur contre les radiations solaires que chez le végétal. Ce sont des piégeurs d’oxygène quand celui-ci se « promène » tout seul (un atome d’O tout seul au lieu d’une molécule d’O2). Ce sont aussi des anti-radicalaires et des anti-oxydants vis-à-vis du radical peroxyl.
Concrètement, la première démarche protectrice est donc de veiller à une alimentation riche en légumes feuilles et en légumes verts. Deux apports par jour seront toujours les bienvenus pour favoriser une orientation santé. D’autant que ces éléments nutritionnels apportent aussi d’autres vitamines, des fibres, des minéraux, une eau « végétalisée », et corrigent le pH au profit d’un bon équilibre acido-basique.

En traitement de fond : les acides gras essentiels

Les acides gras essentiels, et notamment les oméga 3 sont essentiels pour la peau (tant pour les personnes qui n'ont aucun problème que pour celles qui sont atteintes de pathologies comme le psoriasis). C’est qu’en effet ils participent à la construction des membranes cellulaires et garantissent une meilleure souplesse aux tissus qui font frontière entre deux milieux différents : la peau avec l’extérieur, les cheveux et les ongles, mais aussi la tunique interne des vaisseaux capillaires et des veines ou les muqueuses (digestives, ORL…). C’est dans ce contexte que bien des produits cosmétiques proposent au niveau local des acides gras essentiels à doses limitées et à vocation de consommation immédiate pour agir ponctuellement lors de la période estivale. Vous verrez donc des crèmes de soin disponibles à la belle saison, simplement enrichies de quelques pourcentages de principes actifs, tels de l’huile de bourrache ou de germe de blé.


Il apparaît bien plus sage de s’en procurer au travers de l’alimentation en utilisant quotidiennement des huiles alimentaires riches en A.G.E., telles la noisette, la noix, la courge, le tournesol, ou le carthame et de favoriser une rotation entre ces produits pour assaisonner les salades et les crudités. Ces huiles étant riches de principes réactifs et instables, il faudra les conserver au frais de préférence, s’assurer aussi de leur mode d’extraction à froid et éviter de les utiliser pour la cuisson des aliments. En complément, si l’on veut un résultat rapide protecteur de la peau, une cure de capsules de bourrache ou d’onagre seront les bienvenues. On veillera alors à utiliser en début de repas (pour une meilleure assimilation) trois à six capsules, réparties matin, midi et soir.

En cas d’urgence : tomate, pomme de terre et millepertuis

Malgré toutes les précautions, il se peut que vous soyez quand même brulé par le soleil. Dans ce cas, utilisez les recettes de nos anciens :

  • la tomate : choisir une tomate bien mûre, qui serait même presque trop mûre. La couper avec un outil très tranchant en deux et l’appliquer sur la brûlure. Son contact calmera le feu et évitera une évolution négative des radiations solaires subies. On pourra aussi utiliser cette recette sur de petites brûlures ou des brûlures légères qui ne sont pas forcément dues au soleil. La théorie des signatures se voit encore une fois vérifiée : un fruit qui devient rouge par exposition et mûrissement au soleil est indiqué face à un mal qui est dû à une surexposition au soleil…
  • La pomme de terre : on l’emploiera de la même façon et on appliquera son jus chargé d’amidon sur une brûlure ou une peau sensibilisée au soleil.
  • Le millepertuis : nous avons déjà parlé dans ces colonnes de cette plante, et notamment pour ses propriétés cicatrisantes de la peau et contre les brûlures. Rappelons simplement la procédure pour fabriquer soi-même la fameuse huile au millepertuis : il suffit de s’équiper d’une bouteille en verre à large col (type bouteille de jus de fruit) d’environ un litre et de remplir à mi-hauteur ou presque complètement cette bouteille de fleurs et de sommités fleuries de millepertuis. Pour ne pas le confondre avec une autre plante, un seul vrai critère : le millepertuis officinal présente sur sa tige deux petites saillies opposées, ainsi que des feuilles qui semblent perforées d’une multitude de petits trous. On est en présence du millepertuis perforé ou millepertuis officinal (Hypericum perforatum). Il existe plusieurs espèces en France, toutes riches en hypéricine, un principe rouge et liposoluble qui colorera en quelques jours l’huile d’olive qu’on aura versé sur les fleurs fraîchement recueillies dans notre bouteille transparente. On prendra soin de laisser cette préparation au soleil pour faire mûrir notre solution. On filtrera, au bout de quelques semaines, cette solution pour séparer l’huile rouge des fleurs qui auront fait usage. Cette préparation peut se conserver plusieurs mois et s’appliquera sur toutes les rougeurs, démangeaisons et brûlures légères de la peau. Ce macérat huileux pourra s’appliquer autour d’une plaie ou sur une cicatrice dont il accélérera la réparation.

Huile de bronzage et ethno-botanique

En Amazonie, plusieurs tribus indiennes utilisent traditionnellement le rocou, les graines d’un arbre qui ont la propriété de colorer en rouge. Localement, les Indiens appellent cet arbre l’anato, et chez nous, le terme peau rouge vient de la couleur que donne cette graine à la peau grâce à une préparation très concentrée qu’ils élaboraient. La graine de rocou étant riche en caroténoïdes, elle favorise modestement le bronzage.

Une préparation faite chez soi à partir de graines de rocou sera d’un coût aussi très modeste. Il suffit en effet de laisser macérer quelques grammes de graines dans de l’huile (d’olive par exemple), jusqu’à l’obtention d’une couleur bien rouge pour obtenir une huile protectrice et qui favorisera le bronzage. Attention, il ne faut pas s’attendre de cette façon à obtenir un équivalent d’une crème à haut indice de protection, mais des résultats positifs ont été obtenus, surtout si l’on respecte la règle d’une exposition progressive du corps.

Cet arbre aurait aussi des vertus fortifiantes pour la peau, mais ce sont alors les feuilles et l’écorce qui s’utilisent. Seule la graine, pour sa vertu colorante et calmante des brûlures est disponible en herboristerie.

Les huiles essentielles

Nombre d’huiles essentielles s’utilisent pour leurs vertus cutanées. Mais la plus grande prudence s’impose lorsque l’on doit utiliser l’aromathérapie face au soleil. En effet, un certain groupe d’essences est à proscrire de façon catégorique pour éviter tout accident de brûlure : il s’agit des essences de citrus, obtenues à partir de la distillation ou de l’expression des fruits tels que le citron, la mandarine, l’orange ou le pamplemousse. Ces huiles ont en effet la propriété d’être photo-sensibilisantes. En d’autres termes elles augmentent la réaction de la peau au soleil : pour certains, ce sera au profit du bronzage, pour d’autres, en revanche, le processus de brûlure peut être accentué au point que l’accident relèvera de l’urgence.

On utilisera donc plutôt des huiles essentielles calmantes et apaisantes telles la lavande officinale ou la lavande aspic. On peut même les utiliser pures en première intention et les combiner les jours suivant la brûlure du soleil avec une huile grasse riche en A.G.E., par exemple le rosier muscat. Il existe une autre huile essentielle dont l’efficacité face aux radiations a déjà fait ses preuves. Cette essence est obtenue à partir de la feuille d’un grand arbre du genre melaleuca, le niaouli (Melaleuca quinquenervia) qui a étonné les habitants de Nouvelle Calédonie devant le pouvoir régénérant de cet arbre après un incendie. Ils se sont aperçus que les feuilles et par la suite ses extraits, favorisaient la régénération de la peau après une brûlure. Une propriété essentielle mise en application dans le cadre des chimiothérapies outre Atlantique. Chez les melaleuca, on aura en fait le choix entre trois huiles : le niaouli, le tea-tree (Melaleuca alternifolia) et le cajeput (Melaleuca leucadendron). Ce dernier est très prisé en Extrême Orient où il jouit d’une réputation de panacée anti-infectieuse. C’est pourtant sur le tea-tree qu’irait ma préférence, car c’est le remède des rougeurs au sens large : écorchuren brûlure légère, piqûre d’insecte, démangeaison, une application de cette essence mélangée à un peu d’huile d’amande ou d’abricot calmera la sensation de chaleur, l’irritation et le processus inflammatoire qui y est souvent associé. On peut même l’utiliser, diluée avec une huile végétale, sur des muqueuses.

Une cire végétale pour les cheveux … et la peau

On ne traitera pas complètement du soleil et de comment bien s’en protéger si l’on néglige les cheveux et les ongles : l’huile essentielle de géranium (Pelargonium x asperum) favorisera une bonne croissance des cheveux et des ongles, mais il faudra l’associer à des huiles riches en A.G.E. pour prévenir le principe oxydatif. L’huile de jojoba sera aussi d’un bon secours, seule ou en association avec cette essence pour gainer embellir, et donc éviter un dessèchement excessif du derme : cette huile a un faible pouvoir pénétrant et on l’appliquera sur la peau parce qu’elle jouera alors le rôle d’une cire.

L’immunité et le stress oxydatif, un témoin à longue échéance

On appelle le stress oxydatif les effets des radicaux libres dans le corps. On sait aujourd’hui que ces radicaux libres sont la cause de nombre de pathologies qui apparaissent sur le tard, par effet cumulatif. C’est donc une sage politique que de choisir quotidiennement un chemin de vie qui favorise les protecteurs de la santé. Devant le soleil, on pourra tout aussi sagement recourir à d’au-tres plantes réputées freiner le vieillissement cellulaire, comme le ginkgo biloba, le thé vert, le lapacho et toutes les plantes aux vertus dites adaptogènes.
Et ensuite, laissons-les faire leur travail, et profitons de cette période de « farniente » qui arrive…