• La pollution dans les appartrements

Pollution « indoor » et hypersensibilité chimique : l’ennemi vient de l’intérieur

Notre univers domestique ou professionnel est saturé de produits chimiques. Beaucoup d’allergies et de désordres immunitaires pourraient bien en être la conséquence. Aucune étude sérieuse n’a été menée sur le sujet. Pas étonnant, car qui oserait reconnaître que chaque appartement neuf est une bombe chimique et que tous les bureaux sont pathogènes ?


On se préoccupe beaucoup de la pollution de l’atmosphère et l’on s’indigne, avec raison, des émanations toxiques provenant des automobiles ou de l’activité industrielle. Mais on oublie souvent que nous passons aussi 90 % de notre vie à l’intérieur de bâtiments (logement, bureau, école…) qui eux-mêmes dégagent une multitude de polluants qui viennent s’ajouter aux polluants extérieurs et sont parfois beaucoup plus toxiques. C’est ce qu’on appelle la pollution « indoor ».

Par ailleurs, Le syndrome d'hypersensibilité chimique (MCS) se caractérise par un ensemble de symptômes aspécifiques, très invalidants, souvent confondus avec une réaction allergique ou psychosomatique, tels fatigue, épuisement professionnel, céphalées, étourdissements, vertiges, problèmes de concentration et de mémoire, dépression, irritabilité, asthme, troubles digestifs,...
 
Dans la MCS, on retrouve un ensemble de dysfonctions biochimiques impliquant le système nerveux, le système immunitaire, les glandes endocrines et l'intestin, ensemble commun à d'autres syndromes émergents de notre époque.(Merck 1999 - Hooper 2000, 2003 - Donnay 1997) : syndrome fatigue chronique, fibromyalgie, affections neurodégénératives, autisme, sick building syndrom, food intolerance syndrom,...
 

Les agents ou substances responsables

  • Les fibres minérales artificielles

Cela concerne tous les types de fibres constituant les laines isolantes (laine de verre, de roche…).
Les fibres des laines sont des irritants pour la peau et les yeux. Les nouvelles fibres mises au point sur le marché ont une persistance dans l’organisme plus faible, ce qui leur permet de ne plus être classées cancérogène par la réglementation. Mais cela ne les exclut pas pour autant de la liste des agents pouvant être considérés comme pathogènes. Les fibres minérales provenant des laines d’isolation sont principalement libérées dans l’air lors des manipulations liées à leur mise en place ou à leur enlèvement. Mais, à doses plus infimes, elles polluent l’air ambiant toute leur durée de vie.

  • Les composés organiques volatils (COV)

Les composés organiques volatils regroupent une multitude de substances qui peuvent être d’origine biogénique (origine naturelle) ou anthropogénique (origine humaine). Ils sont toujours composés de l’élément carbone et d’autres éléments tels que l’hydrogène, les halogènes, l’oxygène, le soufre… Les COV sont largement utilisés dans la fabrication de nombreux produits et matériaux (peinture, vernis, colles, moquette, carrelage, nettoyants, fumée de cigarette, tissus neufs…). Leur point commun est de s’évaporer rapidement à la température ambiante et de se retrouver ainsi dans l’air.
Ils sont le plus souvent mal connus (mille produits chimiques nouveaux par an) mais on leur attribue selon les composés des irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, des nausées, maux de tête et vomissements.
Quelques composés, comme par exemple le benzène ou le chlorure de vinyle monomère, sont associés à des leucémies ou à des cancers.

  • Les aldéhydes

Les aldéhydes appartiennent en partie à la famille des COV. Le composé le plus connu est le formaldéhyde. Il est présent dans de très nombreux produits d’usage courant : mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers… La plupart des bois agglomérés et contreplaqués (mobilier, matériaux de construction, colles) en contiennent. Il est également utilisé dans certains médicaments, cosmétiques et textiles.
Le formaldéhyde est un irritant des yeux, du nez et de la gorge. Son rôle dans l’apparition de cancer est avéré chez l’animal mais n’est pas établi chez l’homme.

  • Les biocides

Il s’agit des insecticides et fongicides employés pour protéger les boiseries et charpentes des insectes (en particulier les termites dans les grandes agglomérations) et du pourrissement.
Les organophosphorés ont la capacité d’entraîner la stimulation permanente de la musculature, avec de fréquentes crampes pouvant aller jusqu’à l’épuisement total. En cas d’intoxication chronique apparaissent des troubles de mémoire et de concentration. Les personnes atteintes sont irritables et souffrent de troubles du sommeil. La motricité est perturbée, la fatigue s’installe.
Les pyréthrinoïdes ciblent principalement le système nerveux central des insectes mais atteignent aussi celui des humains. Ils provoquent un blocage de la transmission nerveuse.
On note des symptômes comme : irritation de la peau et des muqueuses, symptômes gastro-intestinaux, respiratoires, cardiaques. Des signes neurologiques de perte de sensibilité des extrémités, une démarche hésitante, et une diminution de la concentration et de la mémoire à court terme. On retrouve des tremblements du corps et une salivation accrue.

Attention : si, après une pulvérisation à l’air libre (500 à 1 000 ?g/m3), la concentration diminue rapidement (0,1 ?g/m3 après un mois), en revanche, à l’intérieur, on peut encore retrouver des concentrations importantes des mois, voire des années après, dans les poussières (100 mg/kg), même si dans l’air intérieur la concentration est faible (10 ng/m3).

  • Les solvants

Leur toxicité est connue depuis des années, bien que les effets d’une exposition prolongée à de plus faibles doses soient de reconnaissance plus récente.
Chez pratiquement tous les patients on observe des troubles de la concentration et de la mémoire, des troubles émotionnels et une dépression pouvant aller à des idées suicidaires. Un manque d’entrain et un retrait de la vie sociale, des troubles du sommeil ou de l’hyperthyroïdie.
Des troubles gastro-intestinaux avec modifications cutanées, des douleurs musculaires et articulaires, une intolérance à l’alcool et perte une d’acuité auditive.
En biologie clinique, on observe une perturbation de la glycémie, des tests hépatiques, des triglycérides. À l’imagerie RMN, on observe une atrophie du cortex.

  • Les polychlorobiphényles

C’est une famille qui comprend plusieurs dizaines de composés, utilisés à grande échelle pour leur résistance à la chaleur. Très stables chimiquement, leur durée de vie est de 20 à 50 ans. Leur combustion à 550/650 °C en présence d’oxygène dégage des dioxines (PCDD) et des furanes (PCDF).
En cas d’intoxication aiguë, on observe : larmoiement, gonflement des paupières, pigmentation de la peau, œdèmes des membres, troubles du sommeil et fatigue.
Plus tard apparaissent une hyperpigmentation de la peau, des muqueuses, des ongles, du prurit, des troubles visuels et auditifs, des céphalées, nausées et diarrhées.
Sur le plan neurologique, on note une neuropathie sensitive avec surdité, douleurs, et un manque de réflexes. La vitesse de conduction nerveuse sensitive est toujours touchée mais la conduction motrice est rarement atteinte.

  • Les substances ignifuges

La recherche et la détection de ces substances (TBEP, TBP, TCEP, TCPP, TEHP, TPP, TdCPP) ont été développées récemment. On retrouve des concentrations impressionnantes de ces substances dans les matelas, oreillers, mousses et même produits de nettoyage. La législation tend à les imposer dans les matelas d’hôpitaux ou de crèches. Elles présentent pourtant du fait de leur neurotoxicité un danger non négligeable surtout pour les plus jeunes en maturation de leur système nerveux. La plupart des fournisseurs de literies ne connaissent pas l’existence de ces substances dans leurs produits, seulement utiles en cas d’incendie de stocks importants. L’étiquetage et l’information sont inexistants et pourtant la seule mesure valable en cas de problème est le remplacement par une literie absolument sans danger.

Pour ceux qui soupçonnent une atteinte sérieuse

Il apparaît clairement que la première et la plus importante mesure est l’éloignement, et si possible, l’éviction totale des sources de ces polluants. L’expérience prouve que lorsque le polluant est identifié et éliminé, 85 % des symptômes aigus (irritation des muqueuses, asthme, infections…) disparaissent.

Malheureusement, qui va changer de logement ou d’emploi pour la simple présomption d’une intolérance à la pollution « indoor » ?

Et où irait celui qui aurait le courage de le faire ?

Alors que faire ? 

À l’aide de produits non allergisants…

  • détoxiquer des métaux lourds (SANS DEMINERALISER !)
  • corriger les troubles accompagnants les problèmes de dysfonctions intestinales (malabsorption, d'hyperperméabilité et de dysmicrobisme intestinaux) 
  • et un apport massif d'oligo et micro-nutriments