Méditation ou médication ?

 

Depuis quelques mois de nombreuses publications scientifiques vantant les mérites de la méditation dans un but de soin se succèdent. Et elle est d’ores et déjà recommandée dans un cadre préventif puisqu’on estime qu’elle préserverait le capital santé et jeunesse.
 
En somme, et à demi-mot, la communauté scientifique commence à admettre qu’au plus profond de l’être humain existent des moyens d’autoguérison actionnés par l’esprit. Parmi lesdites études, on peut retenir : des travaux présentés au congrès international de cardiologie d’Orlando révélant que la pratique de la méditation transcendantale abaisserait de 43 % le taux de décès liés aux maladies cardiovasculaires ; une étude du département de médecine de l’université de Washington avérant l’efficacité d’émotions positives chez des patients souffrant de troubles liés au stress post-traumatique.
 
Dans le cas de cancers, des auteurs ont prouvé que la pratique de la méditation réduit la prise de drogues et contribue à rétablir la qualité du sommeil. Quant à l’association méditation, respiration et relaxation, de récentes recherches montrent le lien entre la douleur, l’activité cérébrale et la respiration. La perception douloureuse est réduite lors de l’inspiration.
 
Citons également que la méditation a été proposée avec succès à des patients atteints de maladies neurodégénératives. Elle améliorerait mémoire et attention, ce qui pourrait justifier qu’elle entre dans les techniques de soins préventifs de maladies comme l’Alzheimer. Enfin, pour conclure, on a mesuré, dans trois autres études, l’impact de la méditation sur l’âge physiologique du cerveau. Résultats ? Les personnes pratiquant la méditation régulière ont de meilleures fonctions cérébrales, la méditation ayant également un effet préventif sur son vieillissement.
 
Encore une fois, c’est bien la fonction qui crée l’organe et la méditation semble bien être une fonction du cerveau qui reste encore inexploitée pour nous, Occidentaux, mais qui est connue et pratiquée depuis des millénaires par d’autres types de médecines. Une pratique accessible à tous, qui ne coûte rien et ne demande qu’une vingtaine de minutes quotidiennes où l’agitation fait place à l’immobilité, la respiration donne le tempo.
 
Mais il faut tout de même s’entendre sur ce que l’on appelle méditation. De quelle façon faut-il méditer. Car il ne suffit pas seulement de se relaxer pour méditer. Ce qui importe, c’est certainement l’« objet » de la méditation. Par nature, celle-ci aborde le domaine spirituel. Or comment concilier science et spiritualité sans tomber dans les excès et les dérives ?
 
Peut-être en trouvant un endroit commun, un « objet » intermédiaire. En laissant à chacun le soin de mettre au centre de sa pratique l’objet le plus universel qui soit, à savoir l’Amour. Pourquoi en effet ne pas pratiquer la méditation sur l’Amour qui pourrait alors devenir… une véritable source de médication curative.