Grossesse, accouchement, premiers jours : le protocole homéopathique d’accompagnement

Le corps du nourrisson, « vierge », permet aux remèdes homéopathiques d’exprimer toutes leurs propriétés dès les premiers mois de la vie. L’homéopathie est également particulièrement adaptée pour soulager les troubles physiques et psychiques de la femme enceinte et faciliter l’accouchement. Après avoir expérimenté l’usage clinique de l’homéopathie dans plusieurs services pédiatriques pendant 30 ans, le docteur Gérard Valéry-Coquerel nous livre ici, les protocoles qu’il a validés.

L’homéopathie est sans doute la médecine naturelle la mieux adaptée pour la femme enceinte (à laquelle la plupart des traitements sont interdits) pour accompagner la grossesse et l’accouchement. Elle est également une thérapie très efficace pour le nourisson dont l’organisme n’est pas encore surchargé de médicaments synthétiques. Quels médicaments homéopathiques choisir ? Le docteur Gérard Valéry-Coquerel a éprouvé depuis de longues années les protocoles suivants.

Bouleversements physiques et psychiques : trois grands remèdes

La grossesse entraîne un bouleversement de l’état physique et psychique de la maman. Il y a des symptômes courants (nausées, mal de dos, fatigue générale…) mais aussi des manifestations physiques plus inattendues. Cette période fait également remonter les conflits psychiques latents, en particulier au court des trois premiers mois (anxiété, cauchemars, peur de l’accouchement, tristesse ou pleurs). Trois grands remèdes s’imposent :

  • Sepia : Sensation désagréable de tête qui enfle avec douleurs du visage, des gencives, des dents, nausées, vomissements blancs comme du lait ou aqueux ; contractions douloureuses du ventre avec constipations et hémorroïdes. Les douleurs sont suivies de phases d’écœurement, de pertes involontaires d’urines, de pertes blanches avec démangeaisons vulvaires et de pertes de sang aux 5ème et 7ème mois, voire menace d’interruption de grossesse au 3ème mois. Sensation que l’utérus va sortir entre les jambes, congestion gênante des seins.Sepia favorise également les contractions efficaces et évite les descentes d’organes.

Sepia évite, par ailleurs, les crises de larmes et l’extrême tristesse lors de l’accouchement.

  • Zincum : Goût métallique dans la bouche, voire goût de sang, éructations. Jambes lourdes, transpiration importante des plantes des pieds, surtout à gauche où peuvent siéger les varices, impatience physique (surtout les jambes), mais aussi mentale. Zincum aura, en outre, une action préparatrice pour la montée de lait, souvent absente chez ces mères.
  • Conium maculatum : Crampes d’estomac, peur des palpations et toux, surtout la nuit, douleurs abdominales dès les premiers mois. Dès que l’enfant bouge, cela a tendance à perturber le comportement de la future maman, car les coups de pied du fœtus sont douloureusement ressentis d’autant plus qu’il existe des douleurs brûlantes, déchirantes ou piquantes du col utérin. Cela conduit souvent à exprimer le désir d’abréger cet inconfort. Le remède utile ici est Conium maculatum : surtout si la maman refuse de rencontrer ses amis pendant la grossesse ; et qu’elle transpire abondamment la nuit.

Les dosages varient avec le nombre de symptômes appartenant au remède qui sera ainsi éclairé. Trois signes d’un remède suffisent à sa prescription. Le dosage le plus utilisé est la septième Centésimale (7 CH). Mais il suffit qu’il y ait une manifestation mentale nette pour que le remède soit donné en 9 CH. Une ou trois fois par jour, 5 granules par prise.

Mener la grossesse à son terme

Il s’agit surtout d’aider l’organisme de la mère à nettoyer les organes émonctoires en assurant un drainage doux, de reminéraliser et de stimuler les défenses immunitaires. Les remèdes utilisés avec le plus d’efficacité se comportent comme des effaceurs de maux héréditaires et contribuent à éliminer les toxines qui peuvent empoisonner l’organisme de la mère. Que ce soit Tuberculinum, Luesinum, Medorrhinum ou Psorinum, ils permettent, lorsqu’ils sont bien choisis, une bonne tenue de la grossesse, avec bonne implantation de l’œuf mais également, au moment de l’accouchement, de trouver un rythme efficace pour une expulsion sans heurts et n’excédant pas 20 minutes. Pour choisir entre eux, il faudra consulter un homéopathe.

Préparer l’accouchement

Le moment de l’accouchement ne peut être mené à bien que si l’utérus s’adapte harmonieusement. Ce qui implique une succession de contractions, ni trop fortes ni trop prolongées, et de décontractions. Les deux cas de figures les plus fréquents sont, soit une trop grande rigidité de l’utérus qui empêche les contractions, soit une trop grande laxité qui rend les contractions inefficaces :

  • Lorsque col et muscle utérin sont tous deux rigides et que les contractions sont longues : Actea racemosa 7 à 9 CH avant le travail.
  • Les premières contractions semblent faibles, l’utérus est mou et le col rigide : Caulophyllum 5 ou 7 CH.

Afin que l’accouchement se passe dans de bonnes conditions psychologiques :

  • si l’angoisse de la mère se porte sur elle-même, peur de mourir pendant l’accouchement, anxieuse, agitée, coléreuse, la prise d’Aconitum15 CH est impérative,
  • si l’angoisse se porte sur l’état de santé de l’enfant : en mauvaise santé, malformé, mort de l’enfant… En ce cas Actea racemosa 15 CH est le bon remède.

Les premiers soins du nourrisson et de la mère

De petites pathologies peuvent survenir de quelques heures à quelques jours après la naissance..

  • Streptocoque et staphylocoque

Dès les premiers jours, il faut surveiller les petites lésions des plis de flexion dans l’aine, sous les bras, dans la raie des fesses, sous le menton qui peuvent vite s’infecter par le streptocoque ou le staphylocoque, naturellement présents sur la peau.

  • Si les plis sont rouges, il s’agit d’un intertrigo débutant qu’un traitement simple peut enrayer. Laver avec un savon doux, appliquer ensuite de l’éosine aqueuse (en dosettes car un flacon est vite contaminé).
  • Si une infection se déclare, en plus de Streptococcium et Pyrogenium en 15 CH (3 granules d’une dose trois fois par jour), donner Petroleum et Graphite en 7 CH, 2 granules 3 fois par jour. Consulter un homéopathe si l’infection persiste.

L’érythème du nouveau-né

Très fréquent, il se caractérise par des plaques rouges semblables à de l’urticaire et peut s’étendre sur de grandes surfaces, voire même s’infecter si on couvre trop le bébé. Belladonna 5 CH et Rhus toxicodendron 5 CH peuvent hâter la résorption des plaques mais si les symptômes deviennent trop impressionnants, donner une dose de Sulfur iodatum 15 CH pour accélérer la sortie.

  • La stabilisation de la chaleur corporelle

Elle est importante pour que le métabolisme se développe normalement.
L’hyperthermie qui engendre une transpiration, une déshydratation et une fatigue peut être traitée avec China 5 à 9 CH.
Pour l’hypothermie qui oriente l’organisme vers l’acidose, le manque d’oxygène et le ralentissement des échanges, Carbo vegetabilis et Opium 7 à 9 CH.
La grande nouveauté est que ce pédiatre invite les mamans à un nécessaire voyage dans le développement psychomoteur de l’enfant, qui commence dans l’utérus, ce qui leur permet de comprendre les erreurs à ne pas commettre. Et permettre également à l’enfant de trouver sa place affective et sociale en construisant sa personnalité qui ne vient pas du néant, mais des rapports de la dyade mère-enfant.

Trente ans d’expérience en périnatalogie

Le docteur Gérard Valéry-Coquerel a exercé pendant 30 ans la fonction de pédiatre réanimateur dans plusieurs services de périnatalogie. Il a suivi un cursus universitaire classique de soignant, d’assistant des hôpitaux, d’enseignant et de chef de clinique pédiatrique.

En 30 ans de pratique pédiatrique d’urgence, de traitement des femmes enceintes et nouveau-nés, de prématurés, de retards de croissance et de réanimés, ce pédiatre confie avoir eu plus de succès avec la médecine des semblables qu’avec les antibiotiques ou les anti-inflammatoires. Par ailleurs, de son expérience de pédiatre de ville, il conclut qu’il y a des remèdes efficaces dans toutes les affections ORL, digestives et dans de très nombreuses suppurations en gynéco-obstétrique et pédiatrie. De même que d’excellents résultats sur la grippe, la diphtérie, la rougeole, la scarlatine et les streptococcies, les oreillons, le choléra, les abcès dentaires, les panaris, les éruptions diverses et même sur la gale.

Pour en savoir plus, lire :
« Homéopathie mère-enfant. Bien accueillir son enfant et l’accompagner les trois premières années », Docteur Gérard Valéry-Coquerel • Éd. Edicomm • 284 pages • 24,50 €