Retour à la case départ

Du plomb dans les jouets, de l’antigel dans le dentifrice, du colorant cancérigène dans les jaunes d’œuf… l’actualité récente vient de rappeler à tous les consommateurs que les industriels ne sont pas capables de garantir la qualité et l’innocuité des produits qu’ils mettent sur le marché.

On désigne aujourd’hui la Chine comme principale responsable de ces malfaçons, comme s’il s’agissait de la faute récente d’un ou deux fournisseurs malveillants dans un pays précis. Mais le problème est sans doute beaucoup plus grave qu’on ne le dit. Car, pour les nouveaux pays producteurs, nos inquiétudes et nos précautions s’apparentent plus à des états d’âme, à des émois de vierge effarouchée qu’à une réalité tangible. Aux yeux de ceux qui sont habitués à vivre dans le dénuement, nous passons sans doute pour des enfants gâtés et capricieux.

Nous savons pourtant qu’il a fallu des années pour que, sous la pression des opinions publiques, les gouvernements des pays développés acceptent enfin de faire disparaître quelques-uns des plus dangereux poisons que les industriels avaient introduits dans notre environnement ou dans notre alimentation. Nous nous rappelons que chaque victoire contre l’incurie des industriels et la désinvolture de nombreux agriculteurs a été arrachée au prix d’efforts immenses et prolongés. Malgré cela, nous voyons bien qu’il reste encore des milliers de substances nocives à éradiquer. Et que chaque jour de nouvelles menaces apparaissent : les OGM qui s’insinuent à l’état de traces dans la quasi-totalité des produits alimentaires, les nanoparticules dont personne n’a encore évalué la dangerosité…

Or voilà qu’en quelques mois à peine nous sommes revenus au Moyen Âge de l’ère industrielle où tout paraissait bon, pourvu qu’on puisse en produire beaucoup, à moindre coût ! Même si quelques industriels se défendent d’avoir délibérément choisi cette voie, combien d’entre eux ferment les yeux ?

Contre cette triste évolution, nous n’avons qu’un seul rempart : les labels, les certifications et de manière plus générale, la traçabilité. Dans le bio, nous avons une bonne longueur d’avance dans ce domaine, accrochons-nous à cet acquis malgré les contraintes et les coûts qu’il nous impose. Le consommateur, un jour ou l’autre, reconnaîtra ceux qui ont vraiment pensé à lui et pas seulement à son porte-monnaie.