La bio, c’est aussi pour les «gensnormos»

Manger bio, s’habiller équitable, se faire masser avec des huiles essentielles, se laver au savon d’Alep… font aujourd’hui partie des occupations favorites des coquettes parisiennes. La « bio attitude » s’affiche chez les « people » et dans les plus grands restaurants. Cet engouement de la France d’en haut sert sans doute les objectifs de la bio car elle gomme l’image du hippie en sandalettes qui lui collait à la peau depuis ses débuts. Mais, si on n’y prend pas garde, la bio des bobos et des starlettes risque de détourner des magasins les humbles et les modestes qui penseront avec raison que ce monde n’est pas le leur.

Beaucoup de gens pensent que la démocratisation de la bio est impossible tant que son prix ne diminue pas. Baisser les prix ? Mais jusqu’où ? Chacun sait bien que le produit bas de gamme du supermarché sera toujours moins onéreux que son équivalent en bio. On sait aussi que le caddie du Français moyen contient plus de Coca light que de jus de pomme et plus de frites surgelées que de pommes de terre nouvelles. Ces produits élaborés coûtent cher pourtant, mais personne ne se plaint de leur prix.

Aucune raison objective ne permet de justifier l’alimentation industrielle : ni son goût, ni ses qualités nutritionnelles… ni son prix. Pourquoi, alors, faudrait-il avoir de bonnes raisons pour manger bio ? La bio s’adresse aux gens simples qui ont l’esprit indépendant, c’est une question de culture, et l’argent n’a rien à voir là dedans.