Créer son jardin médicinal, une question de survie

Quand je suis dans un jardin, je ne peux m’empêcher d’observer, en tant que phytothérapeute, quelles plantes vivent à cet endroit et je suis toujours frappé de l’étendue des remèdes que l’on pourrait préparer avec quelques-unes d’entre elles.

Généralement il y a de tout. Des antitussifs, des revigorants, des sédatifs… Il y a presque toujours des mauvaises herbes bien utiles, qui ont survécu et, parfois, des mets délicieux qui ont été oubliés.

Bien souvent, je n’ose pas donner trop de conseils à mes amis propriétaires de jardins, de peur que mes recommandations soient mal comprises et surtout mal mémorisées. Et puis ce serait trop long, car il faudrait aussi expliquer à ceux qui m’interrogent comment récolter, sécher, conserver, préparer…

Mais finalement, n’est-ce pas là la meilleure chose à faire ? Si je ne leur explique rien, mes amis me demanderont sans doute où ils peuvent se procurer telle ou telle plante qui leur ferait du bien, mais, puisqu’il est presque interdit de faire le commerce de plantes médicinales chez nous, je finis par penser qu’il vaudrait mieux pour eux qu’ils aillent directement se fournir dans leur propre jardin.

Chaque individu conserve au moins la liberté de planter, de récolter ou de préparer lui-même les plantes qu’il veut employer pour sa santé et celle de ses proches. Serait-ce la solution pour contourner les obstacles qui sont systématiquement dressés devant l’herboristerie ?

On peut objecter que le jardin médicinal familial n’offrira pas une diversité de plantes suffisamment étendue pour soigner tous les maux. Mais cela n’est pas tout à fait exact car tous les jardins recèlent de véritables trésors de santé. Ainsi, dans presque toute la France, rien ne vous interdit de cueillir au printemps les jeunes pousses de prêles pour réaliser un merveilleux reminéralisant ou de récolter cet été les fleurs du millepertuis pour concocter un anti­dépresseur naturel
Les jours rallongent déjà. Partout, dans les jardins nous allons assister – cette année très tôt – à l’apparition des premières fleurs : la primevère (pour les migraines), le pissenlit (pour le foie), la violette (pour la toux)… Alors n’hésitez pas, lancez-vous. Un article est justement consacré à la récolte et à la conservation de vos plantes, consultez-le.