Consommer… avec un grand B

Faut-il privilégier les produits biologiques français ou se moquer éperdument de leur origine, du moment que c’est bio ? La question se pose souvent lorsque l’on est en face du rayon fruits et légumes de sa boutique. Après tout, acheter des pommes de terre venues d’Égypte est sûrement aussi utile au paysan de ce pays qu’à notre agriculteur hexagonal. Et au vu des résultats concrets qu’obtient le commerce équitable dans les pays pauvres, on a tendance à penser que le patriotisme économique, on s’en fout !

Pourtant, ce n’est pas en ces termes qu’il faut poser la question. Quand on consomme bio, on ne peut pas se préoccuper seulement d’éviter d’ingérer produits chimiques et de retrouver le vrai goût des choses, on doit aussi avoir un autre regard sur les produits que l’on achète. On peut d’abord s’interroger sur le facteur santé. Mon organisme d’Européen est-il adapté à l’aliment que je viens de mettre dans mon cabas ? Quand il s’agit d’ananas ou de papaye, ce n’est pas certain. On peut également raisonner en termes écologiques. Combien d’énergie a-t-il fallu employer pour transporter ce produit jusqu’à moi ou pour le conserver au frais ? Combien d’arbres a-t-on consommé pour fabriquer les emballages ? Il y a enfin les facteurs économiques. Le prix reflète-t-il la valeur ajoutée ? Quand il s’agit de vinaigrette en bouteille, ou de steaks de soja, si faciles à faire soi-même à moindre coût, on peut en douter.

Acheter bio, c’est entrer dans toutes ces réflexions… quitte à ne pas en tenir compte… parce qu’on aime l’ananas, point final. On pourrait croire que cela complique les choses mais, à l’usage, on s’aperçoit que cela facilite les choix. Et l’on redécouvre alors le plaisir de consommer, avec un grand B (comme Bio).