Compléments alimentaires : le hold-up des pharmacies

C’est sûr, les pharmaciens ont bien verrouillé leur affaire : en matière de santé leurs officines restent des lieux de vente incontournables, même lorsqu’il s’agit de compléments alimentaires « naturels ». Avec les parapharmacies, elles représentent aujourd’hui 60 % de ce marché. Dans les boutiques bio, c’est moins de 15 %…

En quelques années seulement, les « bio » semblent ainsi avoir perdu toute leur avance dans ce domaine. Et je crois qu’ils en portent l’entière responsabilité. Car vous avez sans doute remarqué comme moi que l’on trouve dans leurs rayons de plus en plus de ces produits de santé que l’on peut acheter partout ailleurs, en pharmacie notamment.
Pour expliquer le peu d’originalité de leur assortiment, les gérants des boutiques expliquent que vendre de la médecine naturelle, c’est s’exposer aux contrôles inopinés des inspecteurs de la Direction des fraudes. Ils craignent aussi de donner des conseils de santé et d’être taxés d’exercice illégal de la médecine. Ils n’ont pas tort. Mais ils ont simplement oublié l’essentiel : l’efficacité. Ils savent pourtant qu’aucun thérapeute des médecines naturelles ne prescrit les compléments alimentaires qui trônent aujourd’hui, avec leurs emballages rutilants, dans leurs rayons et dans ceux des pharmacies. Pourquoi ? Parce que ces produits ne soignent pas grand-chose. L’excès de prudence des boutiques les mène ainsi à une impasse où elles perdent leur crédibilité et, finalement, desservent les médecines naturelles.