Saveurs du terroir

Moi, ce que j’adore dans le jambon que je fais sécher dans l’escalier du grenier, c’est le gras ; et quand je mange du boudin, je ne laisse jamais le boyau sur le bord de l’assiette.

Lorsque je fais mon marché, je choisis les concombres les plus tordus et je recherche les tomates encore terreuses. Celles qui ont poussé dans du bon fumier, pas dans du sérum physiologique !

Les seuls œufs que je consomme, c’est Marguerite qui me les donne : un peu crottés, avec des petits morceaux de paille restés collés sur la coquille. Marguerite n’a pas suffisamment de poules pour leur torcher le cul et calibrer leurs œufs.

Quant au fromage, ah le fromage de Marie-Louise ! Séché dans son jardin, dans une fromagère grillagée suspendue dans le vieux prunier, puis enveloppé dans la paille d’avoine et vieilli dans un pot de grès. Un vrai régal ! Gras, parfumé, un bouquet de saveurs. Un fromage de rêve et de légende!

Bref, vous comprendrez que les directives hygiénistes des réglementations européennes, je les emmerde, ainsi que leurs auteurs ! Je n’ai jamais eu besoin qu’on me dise ce que je devais penser, ça n’est pas pour supporter qu’on m’indique ce que je dois manger !

Un paysan bio