• Les tests de l'hyperperméabilité intestinale

Les analyses qui révèlent l'hyperperméabilité intestinale

L’hyperperméabilité intestinale doit être diagnostiquée précocement parce qu’elle est à l’origine d’un grand nombre de nos maladies modernes. Un certain nombre de signes cliniques permettent son diagnostic, mais des analyses très spécialisées sont parfois utiles en cas de doute.


Le stress, l’alimentation rapide ou d’origine industrielle, les médicaments (antibiotiques et anti-inflammatoires surtout) et les intolérances alimentaires (laitages et gluten pour commencer) sont les principaux responsables de l’inflammation du tube digestif. Ils induisent une destruction de la flore intestinale et une irritation de la muqueuse qui perd sa couche de mucus protecteur et se dégrade. La paroi intestinale devient alors perméable, c’est-à-dire qu’elle ne fait plus barrière aux toxiques, aux métaux lourds, aux allergènes, aux germes, aux aliments non digérés… Ceux-ci peuvent alors pénétrer facilement dans l’organisme et commencent par l’encrasser. Puis, lorsque l’intoxication est à son comble, les maladies apparaissent.

Deux tests permettent de diagnostiquer une hyperperméabilité intestinale.
 

  • Le test de perméabilité intestinale

Le principe de ce test est simple. Il est basé sur le fait que certaines molécules ne sont pas ou peu métabolisées dans l’organisme, ce qui permet de les retrouver inchangées dans les urines. Le test utilise deux types de substances : le lacticol et le mannitol parce que leur taille est différente et donc leur absorption par la paroi intestinale utilise des mécanismes différents : l’un passe entre les cellules de l’intestin, alors que l’autre doit traverser les cellules intestinales pour être absorbé. Cette distinction permet de déterminer la taille des molécules étrangères qui entrent dans l’organisme. Cela indique aussi l’importance de la détérioration de la muqueuse intestinale.

Le test de perméabilité intestinale est donc un test différentiel qui compare l’élimination urinaire du lacticol (grosse molécule) et du mannitol (petite molécule). On calcule ainsi le rapport entre lacticol et mannitol qui, normalement, est de 2 % : il ne passe que 2 molécules de lacticol pour 100 molécules de mannitol.

L’examen consiste à faire absorber à une personne une quantité déterminée de lactitol et de mannitol (variable selon son poids). Elle devra ensuite rester à jeun pendant deux heures en buvant de l’eau à volonté. Puis les urines des cinq heures suivant l’ingestion sont prélevées afin de mesurer l’élimination (clairance) urinaire du lacticol et du mannitol.
 

  • Le dosage des peptides urinaires

Les peptides sont des fragments de protéines alimentaires incomplètement digérées dans le tube digestif. Le dosage des peptides urinaires s’intéresse donc pour sa part à la digestion des aliments et à leur absorption. Normalement, lorsque les aliments sont bien digérés, ils ne génèrent que peu de peptides. Mais, en cas d’intestin irrité, les aliments (notamment le gluten et la caséine du lait) ne sont pas bien dégradés, ce qui entraîne ainsi une augmentation des peptides dans l’organisme. Or ces derniers sont fortement suspectés d’entraîner de nombreuses maladies psychiques (hyperactivité, dépression, schizophrénie) ainsi que des maladies chroniques (Alzheimer, fibromyalgies, fatigue chronique, SEP, PCE…). Ces peptides se retrouvent d’abord dans le sang, puis sont éliminés par les urines.

Une quantité importante de peptides dans les urines indiquera l’existence d’une mauvaise digestion des aliments mais aussi d’une forte perméabilité intestinale. 

 

  • Ce qu’il faut lire

Le praticien vérifie tout d’abord le rapport lacticol / mannitol. Car plus le pourcentage est élevé, plus l’atteinte de la paroi intestinale est importante.

Il est possible, en cas de doute, d’affiner le résultat en demandant les clairances (élimination en un temps déterminé) du lacticol et du mannitol afin d’avoir un résultat encore plus précis et fiable.

  • Le rapport lacticol / mannitol est normalement augmenté jusqu’à 3,5 % chez les nourrissons de moins de 6 mois.
     
  • Devant certaines maladies comme une fibromyalgie, une fatigue chronique, une hyperactivité, une polyarthrite, une maladie de crohn, une dépression, une psychose… il est possible d’évoquer une maldigestion comme en étant l’origine. Le dosage des peptides urinaires permettra de le confirmer : plus le taux de ceux-ci sera élevé, plus la maldigestion et les désordres intestinaux sont importants.
     
  • D’autres examens complémentaires peuvent être demandés : test Indican, test CanDia 5, bilan des intolérances alimentaires, coproculture détaillée…
     
  • Ces examens non remboursés sont réalisés par des laboratoires spécialisés.

 

 

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