• Comprendre votre DMO

L'ostéodensitométrie

L’ostéoporose est de plus en plus fréquente dans notre population vieillissante et sédentaire. Il est important de la diagnostiquer et de la traiter précocement. La mise en route d’un traitement dépendra des résultats obtenus lors des analyses.


L’examen

L’ostéodensitométrie ou densitométrie osseuse (DMO) est un examen qui mesure la densité osseuse (masse de calcium dans l’os) qui est le reflet de la minéralisation osseuse. Il permet le diagnostic de l’ostéoporose, mais aussi d’établir le degré de solidité des os et par là d’évaluer le risque de fracture.

L’examen est basé sur « l’absorptiométrie biphotonique à rayons X ». Pour cela, l’appareil émet en direction de la personne et de l’os visé des rayons X très faibles, composés de deux longueurs d’ondes différentes, qui seront plus ou moins absorbés selon la minéralisation de l’os et les tissus environnants. Il suffit alors de mesurer ce qu’il reste de ces rayonnements après leur traversée du corps. Plus l’os est dense et minéralisé, moins les rayons passent. Le résultat de cette mesure est donné en gramme par centimètre carré.

Plusieurs os sont étudiés au cours d’un même examen afin de s’assurer du résultat obtenu. Les os le plus souvent analysés sont le col du fémur, les vertèbres lombaires et le poignet, c’est-à-dire les trois régions où le risque fracturaire est le plus important.

Les résultats

Les résultats obtenus sont comparés à des courbes de référence qui indiquent les valeurs normales en fonction de l’os étudié, de l’âge et du sexe. Un point sur un graphique indique très distinctement où se trouve l’état de minéralisation de la personne, permettant ainsi dès le premier coup d’œil, de savoir si elle est ostéoporotique ou non.

On appelle T-score (ou Z-score) la déviation des résultats de la personne par rapport à la moyenne mesurée dans une population d’adultes jeunes du même sexe. Le T-score sera exprimé en nombre de « déviations standard ». L’OMS a défini que le seuil de l’ostéoporose se situait à 2,5 DS en dessous de la densité moyenne mesurée chez l’adulte jeune. L’importance du DS indiquera aussi l’intensité et l’urgence des traitements à prodiguer.

Quand faut-il le pratiquer ?

Cet examen est particulièrement indiqué en cas de :

  • fracture sans traumatisme important,
  • fracture vertébrale sans cause évidente (traumatisme, chute, maladie),
  • maladie pouvant induire une ostéoporose (maladies hormonales : thyroïde, surrénale),
  • antécédent familial d’ostéoporose,
  • surpoids (indice de masse musculaire IMC > 19 kg/cm2),
  • traitement prolongé par corticoïde (cortisone pendant plus de trois mois) ou par certaines chimiothérapies,
  • ménopause précoce (avant 40 ans),
  • perte de taille,
  • sédentarité notable (volontaire ou liée à une impotence due à une maladie),
  • perte de poids importante, anorexie ou malnutrition,
  • alcoolisme. 

L’ostéodensitométrie est donc un excellent examen de dépistage. Il est pris en charge par la Sécurité sociale chez les personnes présentant un facteur de risque.

Ce qu’il faut lire

Lorsqu’il reçoit les résultats, le médecin examine l’ostéodensitométrie effectuée sur le premier os (par ex. le col du fémur). Il vérifie où se situe le résultat de la personne par rapport à la moyenne (en fonction de l’âge et du sexe). Cela lui indique s’il y a ou non une baisse significative de la minéralisation osseuse.

En cas de déminéralisation, il va alors vérifier le T-score afin de savoir si la personne se situe au-dessus ou en dessous des 2,5 DS.

Cette même opération est ensuite renouvelée avec l’ostéodensitométrie effectuée sur le deuxième os (par ex. les vertèbres). Il compare alors les deux résultats obtenus et en fait la synthèse.

Selon les résultats obtenus (déminéralisation légère, ostéoporose simple ou ostéoporose avec risque fracturaire), le médecin adaptera son traitement à l’urgence de la situation.