Sucres et cancer : les liaisons dangereuses

Si on devait faire un classement des aliments les plus néfastes vis à vis du cancer, ce sont les sucres qui arriveraient à la première place. Voici pourquoi il ne faut pas abuser de ce nutriment pluriel.


Les cellules cancéreuses se nourrissent essentiellement de sucres. C’est pourquoi réduire sa consommation de sucres peut être bénéfique si votre risque de cancer est important ou si vous avez déjà fait un cancer. L’objectif n’est pas forcément de les supprimer –  nous parlons bien des sucres, au pluriel, que l’on appelle aussi glucides, et non du saccharose. Il faut en effet nourrir les autres cellules et en particulier les neurones qui ont besoin d’un peu de glucides. Mais il est certain qu’une consommation excessive de sucres peut favoriser le développement de tumeurs cancéreuses.
 

L’insuline, pierre angulaire

 
En réalité ce ne sont pas les sucres en tant que tels qui sont néfastes, ce sont surtout les excès de sécrétion d’insuline dont il faut se méfier. Bien entendu, les deux sont liés puisque c’est en consommant trop de glucides qu’on sécrète plus d’insuline.
 
L’insuline joue un rôle d’hormone de croissance sur les tumeurs cancéreuses. La majorité des cellules cancéreuses possèdent des récepteurs à l’insuline. Quand on mange trop de sucres rapides, on sécrète de l’insuline en grande quantité et celle-ci stimule la croissance des cellules cancéreuses.
 
Aujourd’hui, ce mécanisme est admis par tous. C’est à cause de cet hyperinsulinisme que les femmes diabétiques font plus souvent des cancers du sein. De même, il est largement prouvé que l’obésité est un facteur de risque majeur du cancer (du sein, de la prostate ou du côlon). Or les personnes en surpoids ont toutes un « hyperinsulinisme ». Leurs cellules graisseuses sont devenues moins sensibles à l’insuline et le pancréas doit en sécréter une plus grande quantité, stimulant ainsi le développement de tumeurs. Ce phénomène explique que l’on déplore aujourd’hui à la fois une augmentation de l’obésité dans la population mondiale et une augmentation des cancers.
 
Pour lutter contre et abaisser notre sécrétion d’insuline, il faut d’abord réduire la consommation de sucres rapides. On les appelle ainsi car ils pénètrent plus rapidement dans le sang et déclenchent une sécrétion d’insuline plus importante. Il s’agit de tous les aliments ayant un goût sucré : confitures à base de sucre blanc ou roux, sodas, desserts et notamment les desserts lactés (attention aux 0 % de matière grasse qui sont parfois très sucrés).
 
Bien entendu, c’est aussi le cas de toutes les pâtisseries, des céréales du petit-déjeuner (qui peuvent contenir jusqu’à 50 % de sucre pur) ainsi que des barres chocolatées et autres pâtes à tartiner au chocolat. Mais rappelez-vous qu’un des sucres rapides les plus consommés est sans aucun doute le pain blanc. Réduire la consommation de pain paraît indispensable si vous avez un risque élevé de faire un cancer ou bien si vous avez déjà eu une telle maladie. Il faudra aussi se méfier des excès de pommes de terre.

Agir sur le terrain

Afin d’avoir une action globale au long cours, on privilégiera certains aliments. On choisira des pains complets, le pain au Kamut ou au petit épeautre en particulier. Si vous êtes intolérant au gluten, je recommande le Pain des fleurs (au sarrasin) plutôt que les galettes de riz. Pour les féculents, on préférera des céréales complètes : boulgour, Kamut, quinoa, riz semi-complet,  etc. En dessert, on prendra des fruits, un peu de compote ou de chocolat noir à 75 % de cacao minimum.
Sachez également que les fibres et les protéines ralentissent l’absorption des sucres et donc diminuent la sécrétion d’insuline. Bien entendu, ces conseils doivent s’intégrer dans un équilibre global de l’alimentation et seront personnalisés en fonction de votre situation médicale.
 
Enfin, je veux rappeler que le sport est une excellente façon de lutter contre le surpoids, contre le cancer et de réduire les sécrétions d’insuline. Les solutions passeront donc aussi par une activité physique plus régulière adaptée à vos capacités. 

Comment ralentir l’absorption des sucres

  • En mangeant des fibres qu’on trouve surtout dans les légumes et crudités. Leur action physique ralentit l’absorption. Par exemple, la pomme de terre contient des sucres assez rapides mais si on l’associe à d’autres légumes (dans  une soupe, par exemple) ils deviennent semi-lents.
  • En consommant des protéines. Une ration correcte est nécessaire (100 g deux fois par jour ou 150 g une fois par jour) de protéines maigres (volaille sans la peau, poissons blancs, etc.). Elles participent à la nutrition de vos cellules et en particulier de votre système immunitaire et vous permettront de réduire la sécrétion d’insuline et par là même les sensations de fringale. Pour ces raisons, il est préférable de prendre un aliment sucré en fin de repas plutôt qu’en dehors des repas où il sera assimilé beaucoup plus vite.