Rhino féroce ?

Vous avez dû remarquer comme moi que l’hiver est marqué par deux grandes épidémies : la grippe et les rhinovirus. Ces deux virus extrêmement contagieux viennent se superposer et provoquent une hécatombe de nez rouges qui coulent, d’éternuements, et donc de personnes à soigner.
 
En général, une première salve de ces féroces rhinites intervient à l’entrée de l’hiver. C’est alors qu’on nous incite, à grand renfort de publicités, à nous faire vacciner non pas contre ces virus – car, sortons les mouchoirs pour l’industrie pharmaceutique, il n’existe pas de vaccins contre le rhume – mais contre la grippe. Cette année, ce fut le cas en novembre. Puis plus rien. On était tranquilles jusqu’à ce qu’on soit de nouveau inondés de campagnes publicitaires pour des sprays et des comprimés contre le nez qui coule.
 
Dans le même temps, le hasard du calendrier faisant bien les choses, tout le monde se remet à éternuer, à se moucher, à se « kleenexériser » les poches. Et les produits en vente libre en pharmacie encombrent les étalages. Il y en a même sur l’internet qui apparaissent de manière intempestive lorsque vous visitez un site web. Pourtant, ce site traitait d’un tout autre sujet, rien à voir avec le rhume ou la grippe.
 
Mais alors, que peut-on espérer de ces produits en vente libre, censés soigner les rhumes ? La réponse est simple : rien, absolument rien ! Sinon d’en risquer les effets secondaires. Certains de nos lecteurs ont peut-être vu comme moi le reportage consacré à ces « paracétachmols » et à la synéphrine. Ce reportage très instructif présentait l’équipe de pharmacovigilance de la faculté de Toulouse. Ces chercheurs étudient les alertes lancées par les médecins sur ce type de produit dangereux et les cas d’effets secondaires qui leur sont imputables, notamment les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus liés à la synéphrine (un dérivé de l’éphédrine).
 
Interpellés sur cette question, les laboratoires pharmaceutiques qui vendent ces produits ont clairement répondu : « Les clients n’ont qu’à lire la notice ». Mais comment pouvez-vous savoir si, étant en bonne santé, le simple fait de prendre ce produit ne va pas provoquer un infarctus du myocarde ? C’est ce qu’a vécu un patient âge de 33 ans qui a témoigné dans ce documentaire. Il raconte ce qui lui est arrivé après s’être introduit ces produits par voie nasale et en avoir avalé quelques comprimés. Aujourd’hui, son cœur est fragilisé et doit être soigné jusqu’à la fin de ses jours.
 
En fin de compte, il faut savoir une chose : ce type de rhume dure huit jours si vous ne le soignez pas. Si vous décidez de le soigner, il ne durera qu’une semaine… Pourquoi prendre le risque de contracter une pathologie à vie pour ne gagner qu’un seul et unique jour ? Mieux vaut s’en remettre à la bonne vieille inhalation, avec quelques gouttes de ravensare ou de lavande. La chaleur et les essences à elles seules sont bien plus efficaces pour se soigner. Et rien ne vous empêche de vous laver le nez avec un peu d’eau minérale tiède citronnée !
 
 
 
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