Pétrole, on t’a dans la peau

Lorsqu’on parle de la marée noire, on imagine de suite cette pâte visqueuse, noire, qui colle à la peau et hautement cancérigène. Pourtant, on est prêts à se tartiner avec des cosmétiques pétrochimiques. Ah, leur belle couleur blanche, leur odeur, leur texture… Tout en eux donne l’illusion de propreté, d’hydratation, de bienfait. Et pourtant, leurs ingrédients ont de quoi vous dégoûter et vous comparer à une mouette après l’échouage de l’Erika. Dérivés du pétrole, ils sont des substances potentiellement allergisantes, entraînent des réactions de sensibilisation aux UV, favorisent le cancer de la peau et perturbent même notre équilibre hormonal. Et je ne citerai ici que les parabènes, propylène glycol, phénols, PEG 40, ou encore triclosan de synthèse des dentifrices. Mais la liste est encore longue.
 
Une étude publiée dans un journal de dermatologie avait déjà épinglé en 2009 plusieurs crèmes hydratantes bien connues. Appliquées sur la peau de souris exposée aux UV, ces crèmes multiplient le nombre de cancers cutanés. Et que dire de celles essentiellement constituées de paraffine et de vaseline (de la gelée de pétrole !) ? Ces deux substances sont issues de la distillation pétrolière : elles ne sont donc pas noires comme la fameuse marée, mais toutes blanches (white petrolatum), et classées comme potentiellement cancérigènes.
 
Assombrissons le tableau : que dire des parfums, notamment ceux utilisés en spray ? Ils sont inhalés, pénétrant le sang par voie respiratoire. Certains contiennent du toluène, un dérivé toxique du benzène, avec pour conséquences l’hypertension, certaines maladies cardiovasculaires, des allergies, un état de fatigue générale, divers troubles hormonaux, voire certains cancers, qui pourront peut-être un jour être attribués à ces « sent-bon pétrochimiques ».
 
C’est pour cela qu’il faut choisir des cosmétiques biologiques. Tout en sachant que, dans les années à venir, tout ne sera pas réglé et qu’on assistera à un combat entre les tenants de la pétrochimie et tous ceux qui veulent du biologique. Pour prendre un exemple récent, les lobbyistes du pétrole ont tenté de faire passer, en septembre dernier, une loi à la Commission européenne qui obligerait à dénaturer l’alcool contenu dans les produits cosmétiques avec des molécules pétrochimiques. Ils veulent imposer pour les cosmétiques, les parfums et les produits d’hygiène des dénaturants tels que l’isopropyl d’alcool, un solvant dont les effets se traduisent par des maux de tête, des vertiges et la dépression mentale, ou bien de l’alcool tert-butylique qui sert déjà dans l’industrie des parfums, et est également un solvant pétrochimique. Ne vous étonnez plus alors si votre parfum vous donne mal à la tête… La marée noire est partout !
 
Heureusement pour nous, cette future réglementation sera combattue par l’ensemble des laboratoires réunis au sein de groupements éthiques tel Cosmebio, dont le logo Bio reste et demeure un gage de qualité pour le choix de cosmétiques respectueux de l’être humain et de son environnement.