Parlez-vous la langue des oiseaux ?

Dans notre culture occidentale, le symptôme d’une maladie est toujours présenté comme un événement nuisible, un accroc inesthétique dans notre vie idéale qu’il convient de rapiécer d’urgence. Jamais un médecin ne vous dira que le symptôme est peut-être le meilleur moyen qu’a trouvé l’organisme pour rétablir son intégrité, il préférera le faire disparaître et vous renvoyer dare-dare à votre vie quotidienne.


 

Chacun admet pourtant que la forte fièvre de la grippe est un remède efficace pour éradiquer le virus, ou que le nez qui coule est un réflexe naturel de défense dont la fonction est d’empêcher les agents bactériens de pénétrer dans l’organisme, ou encore que les maux de tête sont là pour nous signaler que notre foie, trop sollicité, ne parvient plus à faire son travail d’élimination. Mais dès qu’il s’agit d’une pathologie grave, on a des difficultés à concevoir qu’un symptôme qui engage le pronostic vital puisse être une réaction d’autodéfense.

C’est pourtant ce qu’ont imaginé quelques médecins qui n’avaient pas peur de heurter leurs confrères et d’être la risée de l’opinion. Ils ont appelé leur médecine « la médecine nouvelle » ou la « biologie totale ». Leur théorie est passionnante : chaque maladie serait une solution de survie programmée par le cerveau inconscient en réaction à un choc psycho-émotionnel. Pour l’illustrer auprès du grand public, on emploie ce que les afficionados appellent la langue des oiseaux. Par exemple?: l’hypertension c’est « Il perd tant si on ». Celui qui souffre d’hypertension serait celui qui craint de perdre sa place dans sa famille ou dans la société. Cela peut faire sourire, mais certains malades s’y reconnaissent et après tout, pourquoi pas.

Les noms des médecins qui ont théorisé cette nouvelle approche de la maladie sont connus de la plupart de nos lecteurs : Ryke Geerd Hamer et Claude Sabbah. Ces noms font peur car ils sentent le souffre et le seul fait de les prononcer peut vous attirer des ennuis. Car, bien entendu, il n’y a aucune preuve scientifique de ce qu’ils avancent et seuls des exemples de guérison inexplicable viennent étayer leur intuition. Le premier a été taxé d’antisémitisme, le second de charlatanisme, mais tous deux ont surtout été accusés d’avoir détourné les patients atteints de cancer de la sacro-sainte chimiothérapie. Aussi étonnante que soit leur approche, et par simple respect pour les patients qu’ils ont soignés, on aurait malgré tout pu s’intéresser à leur approche, l’étudier, la critiquer, la réviser, l’amender et peut-être même, finalement, la jeter à la poubelle, mais on a préféré les réduire au silence sans autre forme de procès.

L’histoire de la médecine et de la science regorgent d’exemples qui démontrent que les plus grandes avancées ont été le fait d’hommes qui ont été capables de s’affranchir des modes de pensée conventionnels, de regarder ailleurs ou différemment et qui n’ont pas eu peur d’affronter les critiques et les entreprises de dénigrement. Un grand nombre de ces génies ont fini leur vie de manière pitoyable. Certains le méritaient peut-être, mais il n’en demeure pas moins que cette manière qu’a notre monde moderne d’éliminer tout ce qui dérange ses certitudes est une insulte à l’intelligence et à la raison.