• Ginseng : des différences considérables de qualité

Ne succombez pas à l’appel des escrocs du ginseng

Le ginseng est l’un des produits de la médecine naturelle qui se vend le mieux à cette période de l’année. Dans toutes les pharmacies, il est recommandé comme tonique et vendu dans des boîtes rutilantes à bas prix. Mais le ginseng a ses contre-indications et aussi ses escrocs.


 97 % de ginseng bas de gamme

Pour les herboristes chinois, une racine de ginseng est de qualité idéale lorsqu’elle a au moins sept ans et lorsqu’elle a poussé naturellement. En Occident, on est moins exigeant et on estime qu’un bon ginseng doit contenir au moins 7 % de ginsenosides et que la racine doit avoir au moins quatre ans. Or il existe quatre types de productions :

  • La culture intensive en champ agricole sous ombrières : à l’heure actuelle, la majorité de la production de ginseng (Chine, Corée et Canada) est cultivée ainsi. La teneur en ginsenosides des racines atteint rarement les 7 % requis mais elle représente 97 % du marché en Europe ! Outre la faible efficacité des racines ainsi produites, il faut rappeler que la culture du ginseng en champ s’accompagne généralement de l’emploi de fongicides.
  • La culture intensive en milieu forestier : la qualité est bonne et atteint à coup sûr les 7 % requis. Les racines ont quatre ans, sont beaucoup plus chères et représentent environ 3 % du marché.
  • La culture semi-naturelle : elle permet d’obtenir une qualité supérieure environ dix fois plus chère que la forestière. Le ginseng obtenu par cette méthode de culture­ contient souvent beaucoup plus que 7 % de principes actifs. Il faut de six à quinze ans pour avoir une racine commercialisable. Il est presque introuvable.
  • La culture sauvage : n’en cherchez pas, il n’y en a pas.

Ces éléments amènent à une conclusion simple : seuls 3 % des produits proposés ont un intérêt thérapeutique. Et 100 % de ceux qui sont distribués partout en pharmacie ou dans les rayons spécialisés des grands magasins sont inefficaces.

Pourquoi la gelée royale ?

Faute d’avoir un ginseng de qualité, les fabricants y ajoutent de la gelée royale qui permet d’obtenir malgré tout l’effet « coup de fouet » recherché. Un cache-misère en quelque sorte. Mais aussi un garde-fou utile car la gelée royale (comme l’acérola) permet de niveler certaines contre-indications.

En médecine chinoise, le ginseng (ou renshen) est en effet un tonique du Qi (énergie) et plus précisément du yang, mais attention, si la personne est trop yang, cela peut déclencher de l’hypertension, de la nervosité voire de l’irritabilité. Cela, on ne vous le dit jamais.

Un simple calcul vous permettra de savoir ce que vous achetez. Prenons l’exemple d’une boîte de 100 gélules de 500 mg de ginseng/gelée royale avec 30 % de ginseng, soit 15 g (c’est le dosage classique et c’est déjà peu).

  • Le coût d’achat du ginseng cultivé en champ agricole (environ 50 euros le kilo) sera de 1 euros.
  • Le coût d’achat du ginseng cultivé en milieu forestier bio (300 euros le kilo) sera de 6 euros.
  • Le coût d’achat du ginseng cultivé en semi-naturel (750 euros le kilo) sera de 11 euros.

Nous parlons ici du coût d’achat de la matière première pour le fabricant. Cela n’inclut donc pas le prix de la gelée royale, ni celui des gélules, ni l’emballage, ni la marge du distributeur, ni les salaires, ni la pub…
En clair, il est aujourd’hui impossible, n’en déplaise à certains, de trouver un ginseng de bonne qualité à 10 euros la boîte.