Les grandes manœuvres

 

Après avoir noyauté les différentes instances du médicament depuis les facs de médecine et de pharmacie, en passant par les organismes officiels dont les noms changent mais où les conflits d’intérêt demeurent, jusqu’aux pseudo-associations de malades destinées à jouer les rabatteurs de cette industrie, et à la pharmacovigilance encore trop mise à la disposition du bon vouloir de l’industrie pharmaceutique, voilà que ces laboratoires qui s’enrichissent sur le dos de la Sécurité sociale en France, voudraient aussi faire main basse sur le domaine en plein développement des compléments alimentaires. Certains groupes se cachent déjà derrière des marques bien connues. Faisant par exemple de la publicité pour le pouvoir antalgique du krill car, bien sûr, ils s’arrogent le droit de faire des allégations santé tandis que la DGCCRF les interdit aux autres ; des allégations… qui doivent pourtant recevoir l’aval des autorités européennes.
 
Alors un nouvel organisme a vu le jour, chargé de réglementer le domaine de l’alimentation. Rien de plus normal et certainement des plus nécessaires. Sauf si, une fois de plus, ladite ANSES, c’est son nom, devient à son tour, comme l’ANSM, le fidèle serviteur de l’industrie chimique.
 
Les manœuvres sont grossières. D’abord on s’en prend à tous les compléments alimentaires utiles pour la santé, et plus précisément à ceux qui font de l’ombre à l’industrie pétrochimique comme c’est le cas, par exemple, de la levure de riz rouge. On fait croire aux gens qu’elle est nocive, qu’elle peut contenir des toxines, et bien sûr qu’elle ne peut remplacer les statines, même si on a la preuve par les analyses qu’elle est tout aussi efficace. De plus, on inquiète les personnes qui ont déjà eu des pathologies musculaires suite aux médicaments et, comble du ridicule, on l’interdit aux buveurs de jus de pamplemousse… un tissu de mensonges destiné à dévaloriser cette concurrente naturelle aux statines de synthèse.
 
C’est le même sort qu’a connu le millepertuis, en concurrence avec les antidépresseurs ; de même les phyto-œstrogènes, qui auraient dû largement remplacer les THS. Dès qu’une plante soigne, et surtout si elle est plus efficace que les médicaments chimiques, l’industrie pharmaceutique cherche à la faire interdire ou à distiller la peur dans les esprits. Et que dire des difficultés rencontrées aujourd’hui pour se procurer de nombreuses teintures mères de plantes qui avaient chacune des vertus curatives avérées ?
 
Que cherche l’industrie du médicament ? Mais à récupérer le marché, tout simplement, c’est une affaire lucrative. Et, pour se justifier, vous les entendrez dire : « Avec nous, vous aurez la sécurité du médicament ! » Parlons-en, de la sécurité ! Avec des molécules fabriquées en Chine ou en Inde ? Partout en Europe, en France, en Belgique, en Espagne… des laboratoires compétents et régulièrement contrôlés fabriquent des compléments alimentaires prescrits par de nombreux thérapeutes. Nous n’avons pas besoin de l’industrie pétromortifère pour cela !