La voie lactée

Les anciens vénéraient-ils à ce point le lait pour aller jusqu’à comparer notre galaxie à un lait nourricier ? Toujours est-il que le lait maternel est l’élément essentiel de la vie à la naissance. Il est pour l’enfant comme une sorte de gelée royale. Récemment, une loi européenne a voté l’allongement du congé de maternité, soulevant aussitôt une levée de bouclier chez ceux pour qui les questions de santé se résument au déficit de la Sécurité sociale. Mais si vous interrogiez le bébé et, pour rester dans l’actualité, si vous lui demandiez s’il serait prêt à sacrifier une année de lait maternel pour partir plus tôt à la retraite, je suis persuadé qu’il vous répondrait : « Non ! Je préfère cotiser plus longtemps, payer mon lait à la société et partir à la retraire à 62 ans ! Laissez-moi mon année de lait maternel ! »


Comment les femmes qui travaillent peuvent-elles faire pour allaiter leur enfant ? En décomptant les 6 semaines d’avant l’accouchement, il ne leur reste que 12 semaines d’allaitement. La Commission européenne a proposé de porter ce congé de 14 à 18 semaines, 18 semaines pour que la maman vive la venue au monde de son bébé de manière un peu plus convenable. Mais deux semaines de plus, c’est dérisoire ! C’est au moins un an qu’il faudrait pour garantir une croissance saine à nos tout-petits.
En effet, ne peut-on vraiment pas faire mieux sur un sujet qui fait partie des avancées de notre système social et qu’il ne faut pas mettre en péril ? Ne peut-on, comme dans les pays nordiques, favoriser vraiment l’allaitement maternel ? En Suède, les crèches n’acceptent pas les enfants avant la première année. Et pour cause : ils sont nourris au sein ! Alors, pourquoi ne pas allonger ce congé à une année ? Ceux qui dénoncent le coût prohibitif devraient faire la comparaison avec les économies qu’une telle mesure pourrait générer en évitant les nombreux soins liés aux infections du nouveau-né. Car n’y a-t-il pas de plus grande économie de santé qu’un bébé bien portant et bien nourri au lait maternel, riche en anticorps, en acides gras spéciaux, en nutriments indispensables, en vitamines et en facteurs de croissance. En somme, le lait vaut son pesant d’or pour la Sécu !
Et que l’on ne nous dise pas que les laits artificiels le valent largement. Le lait humain et ce qui n’est en fait que du lait de vache reconstitué n’ont pas grand-chose en commun. Le lait maternel contient deux fois moins de protéines et ses acides aminés, identiques à ceux du plasma humain, traversent rapidement la paroi de l’intestin sans aucune gêne. Il contient également moins de caséine, ce qui facilite la formation du caillé dans le tractus intestinal de l’enfant. De même pour les lipides qui sont plus finement émulsionnés. Tout cela rend le lait humain infiniment préférable pour un nouveau-né.
Encore faut-il, me direz-vous, que ce bon lait maternel ne soit pas « empoisonné » par toutes les molécules de synthèse et autre colorants, pesticides, métaux lourds dérivés du pétrole que nous ingérons sans cesse… Mais je n’ose demander qu’en plus d’une année de congé, on accorde aux mamans un séjour dans un parc naturel de montagne à la nature préservée !