Crèmes, huiles et laits solaires : une bonne couche d'oestrogènes-like

On nous alerte régulièrement sur les risques qu’entraîne une exposition prolongée aux rayons ultra-violets (UVA ou UVB). On oublie de nous dire que les crèmes solaires synthétiques, censées nous protéger, sont, elles aussi, de véritables poisons : plusieurs études confirment en effet que le comportement bio-chimique des produits solaires dans le corps aurait pour effet de dérégler le système endocrinien et donc l’équilibre hormonal.


Lorsque les produits chimiques tels que pesticides, fongicides, herbicides, ou insecticides se décomposent, ils forment des composés que les scientifiques appellent des « perturbateurs des glandes endocrines ». Ces composés se retrouvent également dans les solvants, les vernis à ongles, les produits pour défriser les cheveux dont on pouvait supposer la nocivité. On sait maintenant qu’il y en a aussi dans la grande majorité des crèmes, huiles et autres laits solaires vendus dans le commerce.

Filtre solaire et œstrogène

Le Dr Margaret Schlumpf, de l’Institut de pharmacologie et de toxicologie de l’Université de médecine de Zurich, a mené une longue étude sur les crèmes solaires les plus courantes.
Les résultats de ces recherches démontrent que ces produits dits « de protection » contiennent en fait de vrais agresseurs. Les initiés les appellent les « œstrogènes-like » (car ils agissent comme un œstrogène). Les tests in vitro et in vivo menés par la chercheuse suisse ont établi que ces produits chimiques, en pénétrant à travers la peau, ont un fort impact sur l’organisme, même lorsque les doses sont faibles. Les œstrogènes-like, sont ainsi capables d’activer ou de bloquer les récepteurs hormonaux, en particulier les récepteurs œstrogènes et androgènes. L’activité biochimique de ces éléments interfère avec la synthèse et l’inhibition de l’hormone stéroïde et affecte le processus de régulation hormonale. Le développement et le fonctionnement des organes reproducteurs sont alors menacés. Le système nerveux central peut aussi être atteint.

Le composé ayant agi avec le plus de virulence est le 4-MBC (4-méthyl-benzilidencamphor). Il est interdit au Danemark depuis 2001 et en passe de l’être aux Pays-Bas.

En France, il n’est question de rien. L’oxybenzone (benzophénone-3), autre composé fréquent des huiles, mélangé avec d’autres ingrédients ou parfums synthétiques se révèle irritant et allergène. Il est également soupçonné de transformer l’énergie solaire absorbée, en radicaux libres, facteurs de vieillissement prématuré de la peau et de l’organisme en général.

De l’écran solaire dans le lait maternel

L’étude du docteur Margaret Schlumpf révèle que des traces de toutes les crèmes et huiles connues peuvent être retrouvées dans les graisses de l’organisme et même dans le lait maternel.
Chez l’homme, les « perturbateurs des glandes endocrines » sont un des facteurs responsables de la chute de la spermatogénèse et de l’apparition des cancers de la prostate.
Chez la femme, la perturbation hormonale due à ces œstrogènes est impliquée dans l’apparition des cancers du sein.

Au moment de la puberté, une catastrophe

L’impact des « oestrogènes-like » sur le système endocrinien se manifeste également chez les enfants. On observe ainsi que chez les jeunes filles, l’âge moyen de l’apparition des premiers signes de la féminité est en baisse dans tous les pays développés. D’après une étude parue dans le journal Pediatrics, les premiers signes apparaissent à l’âge de 8 ans chez près de 15 % des fillettes ! Avant la puberté, les enfants grandissent en moyenne de cinq centimètres par an. Si la petite fille entre dans cette période à l’âge de huit ans et en sort à onze (âge auquel elle devrait théoriquement y entrer), elle aura perdu trois ans de croissance, soit quinze centimètres !
Les filtres solaires ne sont, bien entendu, pas seuls responsables de l’exposition aux xénœstrogènes mais, comme le souligne le docteur Magaret Schlumpf, une large utilisation des filtres solaires synthétiques par les baigneurs et adeptes du bronzage pourrait faire augmenter de façon « dramatique », et spécialement pour les enfants, l’exposition à cette contamination.